Calcul de la Capacité d'Emprunt 2026

Estimez le montant maximum que vous pouvez emprunter pour votre projet immobilier — règle des 35 % HCSF, prise en compte de vos revenus nets et de vos charges existantes, avec l'impact de votre apport.

📊 Règle HCSF 35 % en vigueur ✓ Apport + budget total Taux 2026 pré-intégrés
Mensualité
crédit immo + assurance
+
Autres charges
crédits auto, conso…
÷
Revenus nets
foyer (avant impôt)
≤ 35 % — règle HCSF contraignante depuis jan. 2022
📊

Simulateur de capacité d'emprunt 2026

€ nets
Salaire net avant impôt (net social)
€ nets
Co-emprunteur / conjoint(e) — 0 si projet solo
€/mois
Revenus locatifs (70 %), pensions, allocations stables
€/mois
Certaines banques l'intègrent dans les charges (si non supprimé à l'achat)
€/mois
Crédit auto, crédit conso, revolving actif…
Épargne mobilisée (hors frais de notaire : prévoir +7–8 % du bien)
%
ans
%
Capacité d'emprunt maximale (capital)

Estimation maximale HCSF. La banque appréciera aussi votre reste à vivre, votre stabilité professionnelle et votre historique bancaire.

⚡ Profils types — cliquez pour simuler

Célibataire CDI
2 800 €
sans charges · apport 25k
≈ 152 000 € capital
Budget total ≈ 177 000 €
Couple primo-acc.
5 600 €
sans charges · apport 40k
≈ 326 000 € capital
Budget total ≈ 366 000 €
Cadres · crédit auto
7 700 €
600 €/mois charges · 60k
≈ 390 000 € capital
Budget total ≈ 450 000 €
Couple + locatif
9 690 €
700 € loyers × 70 % · 80k
≈ 610 000 € capital
Budget total ≈ 690 000 €
SMIC · loyer actuel
1 802 €
700 € loyer · apport 10k
≈ 58 000 € capital
Budget total ≈ 68 000 €
Hauts revenus
11 500 €
sans charges · apport 120k
≈ 660 000 € capital
Budget total ≈ 780 000 €
La formule de capacité d'emprunt

Comment calculer sa capacité d'emprunt en 2026 ?

La capacité d'emprunt répond à une question fondamentale : connaissant mes revenus, mes charges et les conditions de marché du crédit, combien puis-je emprunter ? En France depuis 2022, cette réponse est encadrée par la règle HCSF des 35 % de taux d'effort maximum.

Étape 1 — Mensualité maximale autorisée : Mensualité max = (Revenus nets × 35 %) − Charges existantes − Assurance mensuelle Étape 2 — Capital empruntable maximum : Capital = Mensualité max × [1 − (1 + t/12)^(−n×12)] / (t/12) t = taux nominal annuel (décimal) n = durée en années Étape 3 — Budget total d'achat : Budget = Capital + Apport personnel − Frais de notaire (7–8 % dans l'ancien) Exemple — Revenus nets 4 800 €, charges 0, apport 30 000 €, taux 3,55 %, 20 ans : Mensualité max = 4 800 × 35 % = 1 680 € Assurance (0,30 %) ≈ 54 €/mois → Mensualité crédit = 1 626 € Capital ≈ 280 000 € Budget total ≈ 310 000 € (280k + 30k apport)
35 %
Taux d'effort max HCSF (contraignant depuis 2022)
20 %
Dérogations HCSF max. autorisées (primo-accédants)
27 ans
Durée max HCSF (30 ans si construction neuf)
+2 ans
Durée différé incluse pour VEFA / construction
Revenus avant ou après impôt ? Les banques utilisent systématiquement les revenus nets avant impôt sur le revenu (ce que vous appelez le salaire « net » sur votre bulletin, avant déduction du PAS). C'est le net social — pas le net à payer après prélèvement. Utiliser le mauvais montant peut surestimer ou sous-estimer votre capacité de 5 à 20 % selon votre taux d'imposition.
Quels revenus comptent ?

Ce que les banques retiennent (et ce qu'elles ignorent) dans votre dossier

La capacité d'emprunt n'est pas seulement une question de montant de revenus — c'est aussi une question de nature des revenus. Les banques ne traitent pas tous les flux de la même façon.

Type de revenu Prise en compte Justificatifs requis
Salaire CDI (secteur privé) 100 % · 3 bulletins 3 derniers bulletins + CDI
Salaire fonctionnaire 100 % · très apprécié Arrêté de nomination
Revenus locatifs 70 % · après 2 ans 2 derniers avis d'imposition
TNS / indépendant Moyenne 3 ans · variable 3 liasses fiscales
CDD / intérim Partiel ou exclu selon profil 24 mois d'ancienneté consécutive
Pension alimentaire reçue Si jugement + versement régulier Jugement + relevés bancaires
Primes / bonus Souvent exclu ou 50 % Historique sur 3 ans requis
Allocations familiales, RSA ✗ Généralement exclus N/A
Stage / apprentissage ✗ Exclu N/A

Le cas particulier des indépendants et TNS

Les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) et les gérants de société font face à une réalité différente : les banques ne regardent pas leur chiffre d'affaires, mais leur résultat net imposable (bénéfice) sur les 2 ou 3 derniers exercices. En période de montée en charge d'activité (3 premières années notamment), ces résultats peuvent être faibles même si l'activité est saine. La solution courante est d'attendre 3 ans d'exercice avant de présenter un dossier de prêt immobilier, ou de s'associer à un co-emprunteur salarié en CDI.

Source : service-public.fr — Crédit immobilier

Apport et reste à vivre

L'apport personnel et le reste à vivre : les deux leviers souvent sous-estimés

L'apport personnel : pourquoi il change tout

L'apport personnel remplit trois fonctions simultanées dans votre dossier bancaire. Il réduit le capital emprunté (et donc les mensualités), il démontre votre capacité à épargner (signe de gestion saine), et il rassure la banque sur le risque de moins-value (si le bien perd 10 % de valeur et que vous avez apporté 10 %, la banque est couverte en cas de revente forcée).

En 2026, un apport de 10 % est le minimum généralement accepté. Un apport de 20 à 30 % permet de négocier un meilleur taux et d'obtenir des dérogations HCSF plus facilement. En Île-de-France, où les prix au m² restent élevés, un primo-accédant solo avec 10 % d'apport sur un 2 pièces à 280 000 € apporte 28 000 € — une somme que la banque compare à la durée d'accumulation (si vous avez épargné cela en 2 ans, c'est très positif).

Le reste à vivre : le critère informel qui peut bloquer votre dossier

Indépendamment de la règle des 35 %, toutes les banques évaluent le reste à vivre : ce qu'il vous reste une fois les charges fixes payées. Un couple avec 3 500 € de revenus et 35 % de mensualités voit son reste à vivre réduit à 2 275 €. Si le couple a 2 enfants, ce montant peut sembler insuffisant à certains établissements.

Les banques appliquent des barèmes internes de reste à vivre minimum :

  • Personne seule sans enfant : 800 € à 1 000 €/mois ;
  • Couple sans enfant : 1 200 € à 1 400 €/mois ;
  • Famille avec 2 enfants : 1 600 € à 2 000 €/mois selon l'établissement.

Un dossier à 33 % de taux d'effort mais avec un reste à vivre insuffisant peut être refusé. À l'inverse, un dossier à 36 % mais avec un reste à vivre confortable peut être accepté dans le cadre des dérogations HCSF.

Notre conseil : présentez votre dossier à plusieurs banques ou passez par un courtier. La variation des conditions d'acceptation entre établissements peut représenter une différence de 50 000 € à 80 000 € de capital accordé pour un même profil. Les banques mutualistes (Crédit Agricole, Caisse d'Épargne) et les banques en ligne ont des politiques d'octroi différentes — les premières sont souvent plus souples sur le reste à vivre pour leurs clients de longue date.
Stratégies d'optimisation

Comment augmenter sa capacité d'emprunt avant de déposer un dossier ?

La capacité d'emprunt n'est pas figée. Plusieurs leviers permettent de l'améliorer significativement avant de déposer un dossier bancaire.

1. Solder les petits crédits

Un crédit revolving à 80 €/mois qui mobilise 80 € de mensualité dans le calcul du taux d'effort peut réduire votre capacité d'emprunt de 15 000 € à 20 000 €. Avant votre demande de prêt, soldez les crédits consommation dont le capital restant dû est faible (moins de 18 mois de mensualités restantes). L'effet sur votre capacité est généralement supérieur à l'économie d'intérêts réalisée.

2. Allonger la durée du prêt

Passer de 20 à 25 ans réduit la mensualité d'environ 15 %, ce qui augmente mécaniquement le capital empruntable. Mais le coût total des intérêts augmente de 30 à 40 %. Ce levier est pertinent si votre objectif prioritaire est d'accéder à la propriété, pas de minimiser le coût du crédit.

3. Réduire le taux d'assurance

L'assurance est intégrée dans le calcul du taux d'effort HCSF. Réduire l'assurance de 0,40 % à 0,20 % (délégation d'assurance) libère 17 € par mois pour 100 000 € empruntés — soit une capacité supplémentaire d'environ 8 000 € à 10 000 € pour un profil moyen. Depuis la loi Lemoine (2022), cette substitution est possible à tout moment, sans frais.

4. Intégrer les revenus locatifs futurs

Si le bien acheté sera mis en location (investissement locatif), certaines banques intègrent les loyers prévisionnels (à 70 %) dans les revenus pris en compte, même avant la première perception. Cela peut augmenter significativement la capacité d'emprunt des investisseurs. Cette pratique varie selon les établissements — renseignez-vous en amont.

Ce qui ne fonctionne pas : présenter des revenus fictifs, gonfler son apport avec de l'argent emprunté à la famille (prêt familial non déclaré), ou omettre des charges existantes. Les banques vérifient systématiquement les relevés bancaires des 3 à 6 derniers mois — tout flux suspect sera questionné. Un dossier refusé pour fausse déclaration peut fermer temporairement l'accès au crédit dans plusieurs établissements.
Exemples chiffrés complets

Quatre profils concrets de capacité d'emprunt en 2026

Profil 1 — Infirmière CDI, 2 400 € nets, solo, taux 3,70 % sur 25 ans

Mensualité max (35 %) = 2 400 × 35 % = 840 €. Assurance mensuelle estimée (0,30 %) ≈ 15 €. Mensualité crédit = 825 €. Capital empruntable ≈ 160 400 €. Avec apport de 20 000 € : budget d'achat ≈ 180 400 € (frais de notaire non inclus). En province, cela correspond à un T2 ou petit T3 dans une ville de taille moyenne.

Profil 2 — Couple cadres, 8 500 € nets cumulés, crédit auto 350 €/mois, 20 ans à 3,45 %

Mensualité max brute (35 %) = 8 500 × 35 % = 2 975 €. Déduction crédit auto = 350 €. Assurance (0,25 %) ≈ 63 €. Mensualité crédit = 2 975 − 350 − 63 = 2 562 €. Capital empruntable ≈ 441 500 €. Avec apport de 70 000 € : budget ≈ 511 500 €. Reste à vivre : 8 500 − 2 975 = 5 525 €, largement au-dessus du minimum.

Profil 3 — Entrepreneur TNS, 3 exercices à 35 000 €/an net, 20 ans à 3,55 %

Revenus pris en compte : 35 000 / 12 = 2 917 €/mois. Mensualité max = 2 917 × 35 % = 1 021 €. Assurance ≈ 22 €. Mensualité crédit = 999 €. Capital empruntable ≈ 172 200 €. Les banques seront attentives à la stabilité et à la progression du résultat sur 3 ans. Un résultat en croissance rassure ; un résultat en déclin peut entraîner un refus ou une décote.

Profil 4 — Retraité, 2 200 € nets pension + 560 € loyers (×70 %), 15 ans à 3,20 %

Revenus retenus : 2 200 + 560 × 70 % = 2 200 + 392 = 2 592 €. Mensualité max = 2 592 × 35 % = 907 €. Assurance retraité (0,50 % du capital, profil plus âgé) ≈ 28 €. Mensualité crédit = 879 €. Capital ≈ 125 600 €. Note : les banques appliquent souvent des conditions spécifiques pour les emprunteurs de plus de 65 ans (assurance emprunteur plus chère, durée limitée). L'assurance à 0,50 % est indicative — certains assureurs refusent au-delà de 70 ans.