Simulateur Prime de Partage de la Valeur (PPV) 2026
Exonération de cotisations jusqu'à 3 000 € (6 000 € avec accord d'intéressement), exonération d'IR pour les salariés gagnant moins de 3 SMIC — jusqu'au 31 décembre 2026. Calculez le net que vous percevrez réellement.
Simulateur PPV 2026 — net perçu par le salarié
Estimation basée sur les règles PPV 2026. Le montant exact dépend de votre accord d'entreprise et de votre taux PAS.
⚡ Cas types — cliquez pour simuler
📋 Tableau des exonérations PPV 2026 selon la situation
| Situation du salarié | Exo. cotisations | Exo. IR | Net perçu |
|---|---|---|---|
| Salaire < 3 SMIC (≤ 5 405 €) · PPV ≤ 3 000 € | ✓ Totale | ✓ Totale | Brut = Net |
| Salaire < 3 SMIC · PPV entre 3 001 € et 6 000 € (accord PEE) | ✓ Totale (≤ 6 000 €) | ✓ Totale | Brut = Net |
| Salaire > 3 SMIC · PPV ≤ 3 000 € | ✓ Totale | ✗ IR dû (taux PAS) | Net = Brut − PAS |
| PPV > plafond (3 000 € ou 6 000 €) · fraction excédentaire | ✗ Cotisations sur excédent | ✗ IR sur excédent | Net < Brut |
| Versement sur PEE/PERCO (sous plafond) | ✓ Totale | ✓ Totale (+ abondement) | Bloqué 5 ans |
Qu'est-ce que la prime de partage de la valeur (PPV) en 2026 ?
La prime de partage de la valeur (PPV) est la version pérennisée et élargie de ce qu'on appelait successivement la « prime exceptionnelle de pouvoir d'achat » (PEPA, 2019-2020) et la « prime de pouvoir d'achat » (2021-2023), souvent désignées sous le nom de « prime Macron ». La loi du 29 novembre 2023 relative au partage de la valeur a définitivement institutionnalisé ce mécanisme dans le paysage de l'épargne salariale française.
Contrairement aux primes habituelles, la PPV bénéficie d'un régime d'exonération dérogatoire exceptionnel : elle est exonérée de toutes les cotisations sociales patronales et salariales dans la limite du plafond applicable, et peut être totalement exonérée d'impôt sur le revenu pour les salariés dont la rémunération ne dépasse pas 3 SMIC annuels.
Exonérations sociales et fiscales de la PPV : ce qui est exact en 2026
1. Exonération de cotisations sociales (patronales et salariales)
La PPV est exonérée de toutes les cotisations sociales — patronales et salariales — dans la limite du plafond applicable (3 000 € ou 6 000 €). Cela inclut les cotisations maladie, retraite de base, retraite complémentaire Agirc-Arrco, CEG, CSG/CRDS et APEC. C'est l'avantage le plus immédiat : la prime que l'employeur décide de verser est reçue intégralement par le salarié sans aucune déduction de cotisations.
Au-delà du plafond, la fraction excédentaire est soumise à toutes les cotisations sociales comme un salaire ordinaire. Pour un salarié non-cadre, l'impact est d'environ 22 % de cotisations sur la fraction excédentaire.
2. Exonération d'impôt sur le revenu (jusqu'au 31 décembre 2026)
C'est l'exonération la plus soumise à conditions. Elle ne s'applique que si les deux critères suivants sont réunis :
- Salaire inférieur à 3 SMIC annuels : pour 2026, le seuil est de 3 × 1 801,80 × 12 = 64 864,80 € bruts annuels (soit environ 5 405 €/mois brut). Ce seuil se calcule sur le salaire des 12 mois précédant le versement de la prime ;
- Prime versée entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026 : l'exonération IR a été prorogée jusqu'au 31 décembre 2026 par la loi de finances pour 2026. Après cette date, les PPV versées seront soumises à l'IR pour tous les salariés, quelle que soit leur rémunération.
3. La contribution patronale spécifique (≠ cotisation)
Depuis le 1er janvier 2024, les employeurs doivent s'acquitter d'une contribution patronale de 10 % sur les PPV versées (taux réduit à 5 % pour les entreprises de moins de 50 salariés jusqu'au 31 décembre 2027). Cette contribution finance le fonds de réserve des retraites. Elle est à la charge exclusive de l'employeur et n'affecte pas le montant net perçu par le salarié — mais elle renchérit le coût réel de la prime de 5 à 10 %.
Source officielle : service-public.fr — Prime de partage de la valeur
Qui peut verser la PPV, à qui, et comment ?
Employeurs éligibles
Tout employeur de droit privé peut verser la PPV, quelle que soit la taille de l'entreprise. Sont également éligibles les établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC), les établissements publics administratifs (EPA) employant du personnel de droit privé, et les entreprises de l'économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles, fondations). Les employeurs publics au sens strict (fonctionnaires d'État, territoriale, hospitalière) sont exclus.
Salariés bénéficiaires
Tous les salariés liés par un contrat de travail à la date de versement de la prime (ou à la date de dépôt de l'accord d'entreprise) sont éligibles. Il n'y a plus de condition d'ancienneté — même un salarié embauché la veille du versement y a droit. Peuvent également bénéficier de la PPV les intérimaires mis à disposition, les salariés en apprentissage et les bénéficiaires de contrats de professionnalisation.
La modulation autorisée
L'employeur peut moduler le montant de la PPV selon certains critères objectifs et non discriminatoires : niveau de rémunération, classification, ancienneté dans l'entreprise, durée de présence effective dans l'année, durée contractuelle de travail. Il ne peut pas moduler selon des critères discriminants (sexe, âge, état de santé, appartenance syndicale). En pratique, beaucoup d'entreprises versent le même montant à tous — mais une prime dégressive au-dessus d'un certain seuil de salaire est légalement possible et courante dans les grands groupes.
Forme de la décision
La PPV peut être mise en place soit par accord d'entreprise ou de groupe, soit par décision unilatérale de l'employeur (DUE). La DUE est la voie la plus rapide : l'employeur informe le comité social et économique (CSE) et peut verser la prime dès le mois suivant. Il n'est pas nécessaire de justifier le montant ni de l'indexer sur des critères de performance de l'entreprise.
Verser sa PPV sur un PEE ou PERCO : le choix stratégique souvent ignoré
La PPV peut être versée directement en espèces (le cas le plus courant) ou affectée volontairement par le salarié sur un plan d'épargne entreprise (PEE/PEI) ou un plan d'épargne retraite collectif (PERCOL/PER). Ce choix a des implications importantes.
Avantages supplémentaires du versement sur PEE
Lorsqu'une PPV est affectée sur un PEE, elle bénéficie de l'exonération d'IR totale, quelle que soit la rémunération du salarié — y compris pour les salariés gagnant plus de 3 SMIC. C'est la seule exception au principe selon lequel les hauts salaires ne bénéficient pas de l'exonération IR sur la PPV versée en espèces. De plus, si l'employeur abonde le PEE (ce qui est fréquent), le salarié peut maximiser le bénéfice total reçu.
L'inconvénient est la période de blocage de 5 ans (sauf cas de déblocage anticipé légaux : mariage, naissance, invalidité, décès, rupture du contrat de travail, surendettement, création d'entreprise, acquisition de résidence principale). Pour les salariés qui ont besoin des liquidités immédiatement, le versement direct reste préférable.
Quand choisir le versement sur PEE ?
Le versement sur PEE est particulièrement intéressant pour :
- Les salariés gagnant plus de 3 SMIC (au-delà du seuil d'exonération IR sur versement direct) — le PEE supprime l'imposition quelle que soit la rémunération ;
- Les salariés dont l'employeur abonde le PEE (multiplication effective du montant investi) ;
- Les salariés avec une épargne de précaution suffisante et un horizon d'investissement de 5+ ans.
Quatre profils concrets de PPV en 2026
Profil 1 — Aide-soignante, 2 100 € brut/mois, PPV de 1 000 € (hôpital privé)
Salaire annuel brut : 25 200 € — bien inférieur au seuil de 3 SMIC (64 865 €). PPV inférieure à 3 000 €. Résultat : 1 000 € nets = 1 000 € bruts. Zéro cotisation, zéro impôt. Contribution patronale : l'établissement paie 50 € (5 %, entreprise < 50 sal.) à la charge exclusive de l'employeur. La salariée reçoit bien 1 000 € sur son compte.
Profil 2 — Ingénieur cadre, 4 800 € brut/mois, PPV de 3 500 € (entreprise avec accord PEE)
Salaire annuel brut : 57 600 € — inférieur au seuil de 64 865 €. Plafond majoré applicable : 6 000 € (accord PEE). PPV de 3 500 € : dans le plafond élargi. Exonération de cotisations : totale. Exonération IR : totale (sous 3 SMIC). Résultat : 3 500 € nets = 3 500 € bruts. S'il avait affecté la prime sur le PEE de son entreprise qui abonde à 50 %, il aurait bénéficié de 3 500 + 1 750 = 5 250 € investis — toujours exonérés.
Profil 3 — Directrice commerciale, 6 500 € brut/mois, PPV de 3 000 €
Salaire annuel brut : 78 000 € — au-delà du seuil de 3 SMIC. PPV ≤ 3 000 € : cotisations totalement exonérées. Mais l'exonération IR ne s'applique pas (salaire > 3 SMIC). Son taux PAS est de 18 %. PAS sur la PPV = 3 000 × 18 % = 540 €. Net perçu : 3 000 − 540 = 2 460 €. Recommandation : si son entreprise a un PEE, l'affecter sur ce plan lui permettrait d'éviter les 540 € d'impôt.
Profil 4 — Technicien, 2 800 € brut/mois, PPV de 4 000 € (sans accord PEE)
Le plafond standard est de 3 000 €. La fraction excédentaire est de 4 000 − 3 000 = 1 000 €. Sur les 3 000 € : exonération totale (sous 3 SMIC). Sur les 1 000 € excédentaires : cotisations salariales ~22 % = 220 € + IR au taux PAS de son foyer (ex. 6 %) = 46,80 €. Net perçu : 3 000 + (1 000 − 220 − 46,80) = 3 733,20 €.
La PPV est-elle réellement un outil de partage de la valeur ?
Nous pensons que la question mérite d'être posée franchement — c'est l'objet du titre de la loi. La PPV présente des avantages fiscaux indéniables, mais plusieurs limites structurelles la distinguent d'un vrai mécanisme de redistribution :
Ce que la PPV réussit
Elle permet à des millions de salariés (5,5 millions en 2024) de percevoir un complément de revenu totalement net, sans formalisme excessif. Pour une PME sans accord d'intéressement, c'est le moyen le plus simple de verser une prime défiscalisée. La flexibilité de la DUE est un vrai avantage opérationnel.
Ce que la PPV ne remplace pas
La PPV est discrétionnaire et non-récurrente — l'employeur peut décider de ne pas la renouveler d'une année sur l'autre, sans obligation. Elle ne crée aucun droit acquis, ne compte pas pour le calcul des congés payés, ni pour les IJSS maladie, ni pour les indemnités de licenciement. À l'inverse, une augmentation de salaire de 1 000 € annuels génère des droits sociaux permanents valant bien plus sur le long terme.
C'est pourquoi, de l'avis de nombreux économistes et syndicats, la PPV peut être utilisée comme un substitut pratique à l'augmentation salariale — ce qui était précisément la critique formulée lors de son introduction en 2019. Les données DARES montrent que dans les entreprises qui ont massivement versé la PPV en 2022 et 2023, la croissance salariale de base a été inférieure à celle des entreprises n'ayant pas versé de prime.
Calculettes complémentaires
La PPV s'inscrit dans une stratégie de rémunération globale. Ces outils vous aident à la contextualiser :