Calcul de l'Indemnité de Licenciement 2026

Formule légale ¼ et ⅓ de mois, inaptitude professionnelle, convention collective et barème Macron — tout ce qu'il faut savoir avant de signer le moindre document.

✓ Articles L1234-9 et R1234-2 2026 Inaptitude pro intégrée Gratuit & sans inscription
¼ mois
Pour chaque année ≤ 10 ans
de salaire de référence (SGR)
Art. R1234-2 du Code du travail
⅓ mois
Pour chaque année > 10 ans
de salaire de référence (SGR)
les années antérieures restent à ¼
📄

Simulateur indemnité de licenciement

€ bruts
Retenez le plus favorable : moyenne des 12 derniers mois ou des 3 derniers mois (primes proratisées incluses).
ans
mois
Minimum 8 mois requis. La période de préavis est comptabilisée dans l'ancienneté.
Indemnité légale estimée

Montant légal minimum. Votre convention collective peut prévoir un montant supérieur. Vérifiez avant de signer tout document.

⚡ Cas types — cliquez pour simuler

Assistant RH
3 ans
2 200 € SGR · perso.
≈ 1 650 €
Technicien
7 ans 6 mois
3 000 € SGR · perso.
≈ 5 625 €
Cadre senior
15 ans
3 500 € SGR · perso.
≈ 19 833 €
Inaptitude AT
10 ans
2 800 € SGR · ×2
≈ 14 000 €
Directeur
22 ans
4 200 € SGR · éco.
≈ 57 050 €
Faute grave
5 ans
2 500 € SGR
0 €
La formule légale décryptée

Comment est calculée l'indemnité légale de licenciement en 2026 ?

La formule est fixée par les articles L1234-9 et R1234-2 du Code du travail, inchangés sur le fond depuis l'ordonnance du 22 septembre 2017. Elle s'applique à tout licenciement hors faute grave ou lourde, dès lors que le salarié justifie d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue chez le même employeur.

Indemnité = (SGR × ¼) × années ≤ 10
+ (SGR × ⅓) × années > 10

SGR = max(moyenne 12 derniers mois, moyenne 3 derniers mois)
Les mois incomplets sont pris en compte au prorata.

Le salaire de référence (SGR) : le point qui change tout

Le SGR est la clef de voûte du calcul. Beaucoup de salariés l'assimilent à leur dernier salaire brut, ce qui est inexact. L'article R1234-4 impose de retenir le montant le plus avantageux entre :

  • La moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut précédant la notification du licenciement (primes, commissions, 13e mois, heures supplémentaires régulières proratisées inclus) ;
  • Le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois — en additionnant les 3 dernières fiches de paie et en divisant par 3. Les primes annuelles versées sur cette période sont intégrées au prorata du douzième.

Dans la pratique, la formule des 3 mois est souvent plus favorable si le salarié a reçu une prime de fin d'année ou une prime exceptionnelle dans les mois précédant son licenciement. Ne laissez pas l'employeur choisir à votre place.

8 mois
Ancienneté minimale pour y avoir droit
¼ + ⅓
Double barème légal selon l'ancienneté
×2
Doublement en cas d'inaptitude pro. (AT/MP)
2 PASS
Plafond d'exonération sociale (≈ 94 200 €)
Ancienneté et mois incomplets : un salarié embauché le 15 mars 2018 et licencié le 20 novembre 2026 justifie de 8 ans et 8 mois. Le prorata des 8 mois s'applique sur la tranche inférieure à 10 ans. La période de préavis, même non effectuée (dispense de préavis), est intégralement comptabilisée dans l'ancienneté.
Légale vs conventionnelle

L'indemnité conventionnelle : pourquoi elle peut doubler le montant légal

Ce que notre simulateur calcule est le plancher légal absolu. Or, dans de nombreux secteurs, la Convention Collective Nationale (CCN) applicable prévoit une indemnité conventionnelle bien supérieure, et l'employeur est tenu de verser le montant le plus élevé des deux (article L1237-19 du Code du travail).

Exemples de conventions collectives favorables

La Convention Syntec (bureaux d'études, informatique), qui couvre plus de 800 000 salariés, prévoit une indemnité de 1/5 de mois par année jusqu'à 7 ans, puis 1/5 + 2/15 au-delà — soit un calcul différent du légal qui peut être nettement supérieur pour les cadres avec de longue ancienneté. La Convention de la Métallurgie (2024), qui couvre 1,6 million de salariés et a remplacé les anciennes conventions UIMM, prévoit des barèmes révisés selon les classifications. La Convention du BTP (ouvriers) intègre des majorations spécifiques selon les qualifications.

Comment vérifier votre convention ? Son intitulé complet et son numéro IDCC sont obligatoirement mentionnés en en-tête de votre bulletin de salaire depuis le décret du 25 novembre 2016. Vous pouvez ensuite consulter le texte intégral sur legifrance.gouv.fr.

Ne signez jamais un solde de tout compte avant d'avoir vérifié votre convention collective. L'employeur a l'obligation légale de comparer les deux montants et de vous verser le plus élevé. Un écart de 20 à 40 % entre légal et conventionnel est fréquent dans les secteurs comme la chimie, la banque ou l'assurance. Si vous avez le moindre doute, consultez un avocat en droit social ou le conseiller du salarié de votre département (gratuit, accessible via service-public.fr).
Motifs spéciaux

Inaptitude, faute grave et licenciement économique : les règles spécifiques

Inaptitude d'origine professionnelle (AT/MP) : indemnité doublée

Lorsque l'inaptitude est consécutive à un accident du travail ou à une maladie professionnelle (reconnue par la CPAM), l'article L1226-14 du Code du travail impose que l'indemnité légale soit doublée. Concrètement : un salarié ayant 10 ans d'ancienneté et un SGR de 3 000 € percevra 14 000 € au lieu de 7 000 €.

Attention à la nuance : l'inaptitude d'origine non professionnelle (maladie ordinaire) ouvre droit à l'indemnité légale simple, sans doublement. C'est la reconnaissance par la CPAM du caractère professionnel qui déclenche la majoration. En cas de litige sur cette qualification, la contestation se traite devant la caisse primaire, pas devant le conseil de prud'hommes.

Faute grave et faute lourde : aucune indemnité

La faute grave prive le salarié de l'indemnité de licenciement et de l'indemnité compensatrice de préavis. La faute lourde (intention de nuire caractérisée) supprime en plus l'indemnité compensatrice de congés payés. Ces notions sont strictement interprétées par la Cour de cassation : une faute grave doit être d'une gravité telle qu'elle rend immédiatement impossible le maintien du salarié dans l'entreprise. Les juges requalifient régulièrement en « cause réelle et sérieuse » (avec indemnités dues) des licenciements pour faute grave insuffisamment étayés.

Licenciement économique : droits complémentaires

L'indemnité légale est la même que pour le motif personnel. Mais le licenciement économique ouvre des droits supplémentaires : accès au Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP) dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, congé de reclassement dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, priorité de réembauche pendant 1 an, et éventuellement un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) avec des mesures d'accompagnement complémentaires.

Le CSP en 2026 : le Contrat de Sécurisation Professionnelle permet de percevoir l'Allocation de Sécurisation Professionnelle (ASP) à hauteur de 75 % du salaire brut antérieur (contre 57 % pour l'ARE standard en début d'indemnisation) pendant 12 mois maximum. L'employeur verse une contribution additionnelle lors de l'adhésion au CSP, en complément de l'indemnité de licenciement.
Barème Macron 2026

Barème Macron : ce que le juge peut accorder en cas de licenciement sans cause réelle

Depuis les ordonnances Pénicaud du 22 septembre 2017 (dites « ordonnances Macron »), les indemnités accordées par le conseil de prud'hommes en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse sont encadrées par un barème obligatoire, codifié à l'article L1235-3 du Code du travail. Ce barème s'exprime en mois de salaire brut et varie selon l'ancienneté et la taille de l'entreprise.

Ancienneté (années complètes) Min. (≥ 11 salariés) Max. (≥ 11 salariés) Min. (1–10 sal.)
1 an1 mois2 mois½ mois
2 ans3 mois3,5 mois½ mois
5 ans3 mois6 mois½ mois
10 ans3 mois10 mois½ mois
15 ans3 mois13,5 mois½ mois
20 ans3 mois15,5 mois½ mois
30 ans et +3 mois20 mois½ mois

Ces plafonds s'ajoutent à l'indemnité légale de licenciement, ils ne la remplacent pas. Autrement dit, un salarié licencié sans cause réelle et sérieuse après 15 ans dans une entreprise de plus de 11 salariés peut théoriquement prétendre à son indemnité légale plus jusqu'à 13,5 mois de salaire en dommages-intérêts — soit une somme substantielle.

Cas exclus du barème : Le barème ne s'applique pas aux licenciements nuls (discrimination, harcèlement, violation d'une liberté fondamentale), pour lesquels l'indemnité plancher est de 6 mois de salaire sans plafond maximum. Ces cas échappent au barème Macron et peuvent donner lieu à des condamnations bien supérieures.
Fiscalité et charges sociales

L'indemnité de licenciement est-elle imposable en 2026 ?

C'est l'une des questions les plus fréquentes, et la réponse dépend du montant. Dans la grande majorité des cas, l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales.

Exonération d'impôt sur le revenu

L'article 80 duodecies du CGI exonère les indemnités de licenciement dans la limite du plus élevé des deux montants suivants :

  • Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (sans plafond si la totalité est due au titre légal ou conventionnel) ;
  • La fraction exonérée correspondant au double de la rémunération annuelle brute perçue l'année civile précédant le licenciement, dans la limite de six fois le PASS 2026, soit 6 × 47 100 € = 282 600 €.

En pratique, l'intégralité de l'indemnité légale est exonérée pour presque tous les salariés, car les montants dépassant 282 600 € restent rares hors grandes entreprises ou hauts cadres avec une très longue ancienneté.

Exonération de cotisations sociales

L'indemnité est exonérée de cotisations sociales (dont CSG/CRDS) dans la limite de deux fois le PASS annuel, soit 2 × 47 100 € = 94 200 € en 2026. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est soumise à cotisations. Cette situation concerne essentiellement les cadres dirigeants avec un salaire élevé et une très longue ancienneté.

En résumé : pour un salarié dont l'indemnité totale reste inférieure à 94 200 €, le montant est versé en brut = net. Il n'y a ni retenue à la source, ni cotisations sociales. Pour un salarié dont l'indemnité dépasse ce seuil, seule la fraction au-delà de 94 200 € supporte des prélèvements sociaux, mais pas d'IR si le montant total reste sous le plafond de l'article 80 duodecies.
Exemples chiffrés complets

Trois cas pratiques de calcul d'indemnité de licenciement 2026

Cas 1 — Technicienne de laboratoire, 9 ans et 4 mois, 2 600 € SGR

Licenciement économique dans le cadre d'un PSE. Ancienneté : 9 ans + 4/12 = 9,333 ans (tout inférieur à 10 ans).

Indemnité = 2 600 × ¼ × 9,333 = 650 × 9,333 = 6 067 €
Exonération IR : oui (sous 282 600 €)
Exonération cotisations sociales : oui (sous 94 200 €)
Net perçu = 6 067 €

Elle bénéficie également du CSP, ce qui lui permet de percevoir 75 % × 2 600 € × coefficient brut/net ≈ 1 495 € nets/mois pendant 12 mois.

Cas 2 — Responsable commercial, 17 ans, 4 800 € SGR, inaptitude professionnelle

Inaptitude reconnue comme séquelle d'un accident du travail. L'indemnité légale est doublée.

Tranche ≤ 10 ans : 4 800 × ¼ × 10 = 12 000 €
Tranche > 10 ans : 4 800 × ⅓ × 7 = 11 200 €
Total légal simple : 23 200 €
Doublement inaptitude pro : 23 200 × 2 = 46 400 €
Exonération IR et cotisations : totale (sous 94 200 €)
Net perçu = 46 400 €

Cas 3 — Directrice administrative, 23 ans, 6 200 € SGR, licenciement personnel contestable

L'employeur invoque un motif personnel, mais la salariée estime le licenciement sans cause réelle. L'indemnité légale calculée est :

Tranche ≤ 10 ans : 6 200 × ¼ × 10 = 15 500 €
Tranche > 10 ans : 6 200 × ⅓ × 13 = 26 867 €
Total légal = 42 367 € (net, sous 94 200 €)

Si elle saisit le conseil de prud'hommes et obtient gain de cause, le barème Macron (23 ans d'ancienneté) lui permettrait de prétendre à un maximum de 15,5 mois de salaire brut supplémentaires à titre de dommages-intérêts, soit jusqu'à 6 200 × 15,5 = 96 100 € de plus — partiellement soumis à cotisations sociales.