Taux Agirc-Arrco 2026 — Cotisations T1, T2, CEG & CET
Barème complet de la retraite complémentaire des salariés du privé : taux T1 (3,15 % / 4,72 %), T2 (8,64 % / 12,95 %), CEG, CET, valeur d'achat et de service du point au 1er novembre 2025, mécanisme bonus-malus. Depuis la fusion de 2019, les taux sont identiques cadres et non-cadres.
📊 Les deux tranches de cotisation Agirc-Arrco — assiettes 2026
La T1 s'applique sur la totalité du salaire jusqu'au PASS mensuel (3 925 €). La T2 s'applique uniquement sur la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (3 925 € à 31 400 €/mois). Au-delà de 8 PASS, aucune cotisation Agirc-Arrco n'est due — ni droit à point supplémentaire.
📋 Barème complet Agirc-Arrco 2026 — taux par tranche
La CEG et la CET ne donnent aucun droit à point — elles servent uniquement à l'équilibre financier global du régime. Seules les cotisations T1 et T2 génèrent des points de retraite. Source : Agirc-Arrco.fr.
Calculateur de points Agirc-Arrco 2026 — combien de points par an ?
Calcul basé sur le prix d'achat du point au 1er novembre 2025 (19,7977 €) et la valeur de service (1,4386 €). Le nombre de points = cotisations T1+T2 (hors CEG/CET) ÷ prix d'achat. La pension annuelle = points totaux accumulés × valeur de service, avant application du coefficient d'âge (bonus-malus).
⚡ Profils types — points annuels acquis selon le salaire
Au-delà de 12 000 €/mois (≈ 8 PASS = 31 400 €/mois), aucun point supplémentaire n'est acquis — la cotisation T2 est plafonnée. La pension affichée correspond aux droits acquis pour une seule année à ce salaire, sans coefficient d'âge.
📈 Historique de la valeur de service du point Agirc-Arrco 2019–2025
⚖️ Mécanisme bonus-malus Agirc-Arrco (coefficient de solidarité) — 2026
Pourquoi la retraite complémentaire fonctionne par points et non en euros directs ?
Contrairement à la retraite de base (CNAV), calculée sur la base des 25 meilleures années de salaire, l'Agirc-Arrco fonctionne selon un système entièrement différent : chaque euro cotisé achète des points, et chaque point acquis donne droit, au moment de la retraite, à un montant annuel de pension fixé par la valeur de service du point.
Le double mécanisme : achat et service
Deux valeurs distinctes gouvernent le système. La valeur d'achat du point (19,7977 € au 1er nov. 2025) détermine combien de cotisations sont nécessaires pour acquérir un point. La valeur de service du point (1,4386 €) détermine combien ce point rapportera chaque année à la retraite. Le ratio entre les deux — appelé rendement technique — est actuellement de 7,27 % (1,4386 / 19,7977).
Le rendement technique : un indicateur sous tension
Le rendement technique de 7,27 % signifie que, pour 100 € cotisés, le retraité futur percevra 7,27 € de pension complémentaire par an — soit un retour sur 13,8 ans environ pour "rembourser" la cotisation initiale (hors revalorisation future). Ce rendement a tendance à baisser structurellement depuis les années 1990 (il était proche de 10 % à l'époque), du fait de l'évolution démographique : plus de retraités pour moins de cotisants par retraité.
Fusion Agirc-Arrco 2019 : ce qui a vraiment changé (et ce qui n'a pas changé)
Avant le 1er janvier 2019, les cadres cotisaient à l'Agirc et les non-cadres à l'Arrco, avec des taux et des règles différentes. La fusion a unifié le régime — mais certaines différences subsistent, souvent mal comprises.
Ce qui est devenu identique
Les taux de cotisation T1 et T2, la CEG et la CET sont désormais strictement identiques pour les cadres et les non-cadres. Un non-cadre dont le salaire dépasse 1 PASS cotise aussi en T2, exactement comme un cadre — ce qui n'était pas le cas avant 2019 (les non-cadres cotisaient à l'Arrco sur la totalité du salaire selon une grille différente, sans accès à la tranche B/Agirc).
Ce qui reste spécifique aux cadres
La prévoyance obligatoire cadre (article 7 de l'ANI du 17 novembre 2017, héritière de l'ancien "article 7 de la convention collective Agirc de 1947") impose à l'employeur une cotisation minimale de 1,50 % sur la T1 pour financer une garantie décès. Cette obligation ne concerne pas les non-cadres — c'est la dernière trace structurelle de l'ancien régime Agirc séparé. Par ailleurs, l'APEC (Association Pour l'Emploi des Cadres) reste financée par une cotisation spécifique de 0,06 % (0,024 % salarial + 0,036 % patronal) sur les salaires des cadres jusqu'à 4 PASS.
L'impact pratique : un non-cadre à haut salaire cotise désormais comme un cadre
Avant 2019, un technicien non-cadre gagnant 6 000 €/mois cotisait sur la totalité de son salaire au taux Arrco unique (sans tranche B), ce qui limitait ses droits sur la fraction au-delà du plafond Sécurité sociale. Depuis la fusion, ce même salarié cotise désormais en T2 sur la fraction au-delà de 3 925 €/mois, exactement comme un cadre — ce qui augmente ses droits à retraite complémentaire sur cette fraction, au prix d'une cotisation plus élevée (21,59 % au lieu de l'ancien taux Arrco unique).
Combien rapporte l'Agirc-Arrco sur une carrière de 40 ans ? Trois trajectoires comparées
Pour donner une idée concrète de l'accumulation de points sur une carrière, voici trois trajectoires salariales simplifiées sur 40 ans, à valeur du point constante (en réalité, la valeur évolue chaque année).
Trajectoire A — Carrière non-cadre stable à 2 800 €/mois
Salaire constant 2 800 €/mois (100 % en T1). Cotisations génératrices de points/an = 2 800 × 12 × 7,87 % = 2 644,32 €. Points/an = 2 644,32 / 19,7977 ≈ 133,6 points. Sur 40 ans (à valeur constante) : 5 344 points. Pension annuelle estimée = 5 344 × 1,4386 ≈ 7 686 €/an, soit environ 640 €/mois de complémentaire.
Trajectoire B — Cadre avec progression (3 500 € → 6 500 €/mois)
Progression linéaire de 3 500 € à 6 500 €/mois sur 40 ans (moyenne ≈ 5 000 €/mois, dont une partie en T2 à partir de l'année où le salaire dépasse 3 925 €). Estimation moyenne : ≈ 250 points/an sur 40 ans = 10 000 points. Pension annuelle estimée ≈ 10 000 × 1,4386 ≈ 14 386 €/an, soit environ 1 199 €/mois de complémentaire.
Trajectoire C — Cadre dirigeant plafonné (12 000 €/mois dès l'année 15)
15 ans à 4 000 €/mois (≈ 180 points/an = 2 700 points) puis 25 ans à 12 000 €/mois (plafonné à 8 PASS, ≈ 559 points/an = 13 975 points). Total ≈ 16 675 points. Pension annuelle estimée ≈ 16 675 × 1,4386 ≈ 23 989 €/an, soit environ 1 999 €/mois de complémentaire — proche du plafond pratique du régime, car au-delà de 8 PASS, aucun point supplémentaire n'est acquis quel que soit le niveau de salaire.
Cumul emploi-retraite, rachat de points, réversion : ce qu'il faut savoir
Cumul emploi-retraite et points Agirc-Arrco
Depuis la réforme de 2023, le cumul emploi-retraite intégral (reprise d'activité après liquidation de la retraite) permet de cotiser à nouveau à l'Agirc-Arrco, mais ces nouvelles cotisations ne génèrent plus de points supplémentaires ni de seconde pension — elles sont versées "à fonds perdus" pour le régime. C'est une différence majeure avec la situation avant 2023, où une seconde pension (limitée) pouvait parfois être recalculée.
Le rachat de points : un dispositif rare et coûteux
Il n'existe pas de "rachat de points Agirc-Arrco" au sens propre comme pour les trimestres de retraite de base. En revanche, certaines périodes (chômage, maladie, maternité, service militaire) donnent lieu à une attribution gratuite de points par le régime, sans cotisation du salarié. Ces points "gratuits" sont calculés sur la base du salaire de référence antérieur et viennent s'ajouter au compteur de points — il est essentiel de vérifier leur bonne prise en compte dans son relevé de carrière Agirc-Arrco.
La réversion Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources
En cas de décès du retraité, le conjoint survivant (marié, à l'exclusion des partenaires de Pacs ou concubins) peut percevoir une pension de réversion égale à 60 % de la pension Agirc-Arrco du défunt, sous condition d'âge (55 ans minimum) mais sans condition de ressources — contrairement à la réversion de la retraite de base CNAV qui est soumise à un plafond de ressources. C'est un point souvent méconnu : un conjoint aux revenus élevés peut percevoir une réversion Agirc-Arrco complète, alors que sa réversion CNAV serait réduite ou supprimée.
Expatriation et Agirc-Arrco
Les cotisations Agirc-Arrco versées pendant une période de détachement à l'étranger (salarié français détaché, maintenu au régime français) continuent de générer des points normalement. En revanche, en cas d'expatriation pure (sortie du régime de Sécurité sociale française), aucune cotisation Agirc-Arrco n'est versée pendant cette période — les points acquis avant le départ restent valorisés et seront pris en compte au moment de la retraite, mais la carrière connaît une "lacune" qui peut affecter l'âge du taux plein.