Barème Rémunération Apprentis & Alternants 2026 — % SMIC par Âge et Année

Grille légale 2026 de rémunération minimale des apprentis en pourcentage du SMIC (1 801,80 €/mois), par tranche d'âge et année de contrat. Montants bruts et nets, seuil d'exonération d'impôt sur le revenu (21 622 €/an) et seuil d'exonération de cotisations salariales (79 % du SMIC = 1 423 €/mois).

🎓 De 27 % à 100 % du SMIC ✓ Exo IR jusqu'à 21 622 €/an Exo cotisations jusqu'à 1 423 €/mois
📅 Mis à jour au 1er janvier 2026 — Grille indexée sur le SMIC (1 801,80 €/mois), inchangée en pourcentage depuis 2022

📋 Grille de rémunération minimale des apprentis 2026 — % du SMIC par âge et année

Âge de l'apprenti 1ère année 2ème année 3ème année
Moins de 18 ans (15-17 ans)
27 %486,49 €
39 %702,70 €
55 %990,99 €
18 à 20 ans
43 %774,77 €
51 %918,92 €
67 %1 207,21 €
21 à 25 ans
53 %955,95 €
61 %1 099,10 €
78 %1 405,40 €
26 ans et plus
100 %1 801,80 € (ou salaire minimum conventionnel si plus favorable)

Montants bruts calculés sur le SMIC 2026 (1 801,80 €/mois). Ces pourcentages constituent des minima légaux — l'employeur ou la convention collective peut prévoir une rémunération plus favorable. Source : art. D6222-26 du Code du travail.

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Calculateur de rémunération apprenti 2026 — brut et net

% en plus
Certaines conventions collectives ou employeurs versent au-delà du minimum légal
Rémunération mensuelle brute

Le net est estimé en appliquant l'exonération de cotisations salariales jusqu'à 79 % du SMIC (1 423,42 €/mois) : aucune cotisation salariale n'est prélevée sur cette fraction. Au-delà, les cotisations salariales standard (~20,7 %) s'appliquent sur la fraction excédentaire uniquement.

⚡ Profils types — cliquez pour simuler

16 ans, BEP/CAP
486,49 €
1ère année — 27 %
Net ≈ 486,49 €
Intégralement exonéré
19 ans, Bac Pro
918,92 €
2ème année — 51 %
Net ≈ 918,92 €
Intégralement exonéré
23 ans, BTS/Licence
1 405,40 €
3ème année — 78 %
Net ≈ 1 405,40 €
Intégralement exonéré
24 ans, majoré +20 %
1 686,48 €
3ème année + 20 % conv.
Net ≈ 1 638,99 €
Partiellement cotisé
28 ans, reconversion
1 801,80 €
100 % SMIC (toutes années)
Net ≈ 1 504,80 €
Partiellement cotisé

À partir de 26 ans, l'apprenti perçoit 100 % du SMIC (ou le salaire minimum conventionnel de l'emploi visé si supérieur) — le mécanisme de % par âge/année ne s'applique plus. La fraction au-delà de 1 423,42 € est soumise aux cotisations salariales standard.

💠 Seuils d'exonération 2026 — impôt sur le revenu et cotisations salariales

Type d'exonération Seuil 2026 Référence Au-delà du seuil
Exonération d'impôt sur le revenu 21 621,60 €/an = SMIC annuel brut (1 801,80 × 12) La fraction excédentaire est imposable au barème IR
Exonération de cotisations salariales 1 423,42 €/mois = 79 % du SMIC mensuel Cotisations salariales standard (~20,7 %) sur l'excédent
Pourquoi 79 % et pas 100 % ? Le seuil de 79 % du SMIC pour l'exonération de cotisations salariales résulte d'un arbitrage historique : il couvre la quasi-totalité des apprentis sous 26 ans dans leur grille normale (le maximum de la grille, 78 % en 3ème année pour les 21-25 ans, reste juste sous ce seuil). Seuls les apprentis bénéficiant d'une majoration conventionnelle significative, ou les apprentis de 26 ans et plus (100 % SMIC), dépassent ce seuil et supportent des cotisations salariales sur la fraction excédentaire.

⚖️ Contrat d'apprentissage vs contrat de professionnalisation — comparatif 2026

Critère Contrat d'apprentissage Contrat de professionnalisation
Base de rémunération % du SMIC par âge/année (27 % à 100 %) % du SMIC ou du salaire minimum conventionnel selon qualification
Moins de 21 ans, niveau infra-bac 27 % à 67 % selon âge/année 55 % du SMIC minimum
Moins de 21 ans, niveau bac et + 27 % à 67 % selon âge/année 65 % du SMIC minimum
21 à 25 ans, infra-bac 53 % à 78 % selon année 70 % du SMIC minimum
21 à 25 ans, bac et + 53 % à 78 % selon année 80 % du SMIC minimum
26 ans et plus 100 % SMIC ou conventionnel 100 % SMIC ou 85 % salaire conventionnel
Durée typique 6 mois à 3 ans 6 mois à 12 mois (24 mois pour certains publics)
Public cible Formation initiale (jusqu'à 29 ans, ou sans limite si handicap/sportif) Demandeurs d'emploi, bénéficiaires RSA/ASS, tous âges

Le contrat de professionnalisation est généralement plus rémunérateur en début de parcours pour un même profil, mais ne bénéficie pas systématiquement des mêmes exonérations fiscales que l'apprentissage (l'exonération IR à hauteur du SMIC annuel concerne spécifiquement les apprentis sous contrat d'apprentissage).

La logique de la grille par âge et ancienneté

Pourquoi la rémunération dépend-elle de l'âge ET de l'année de contrat ?

La grille de rémunération des apprentis combine deux variables qui répondent à des logiques différentes — et leur combinaison crée des situations parfois contre-intuitives qu'il est utile de comprendre avant de signer un contrat.

La logique de l'âge : un coût du travail progressif

Plus un apprenti est âgé, plus son pourcentage de SMIC est élevé pour une même année de contrat. Un apprenti de 17 ans en 1ère année touche 27 % du SMIC, tandis qu'un apprenti de 23 ans en 1ère année touche 53 % — presque le double, pour exactement la même ancienneté dans l'entreprise. Cette différence reflète l'idée que les apprentis plus âgés ont souvent des charges de vie plus importantes (logement autonome, etc.) et une probable expérience antérieure (autre formation, emploi précédent) qui justifie une rémunération de base plus élevée.

La logique de l'année de contrat : la progression de la qualification

Pour une même tranche d'âge, le pourcentage augmente à chaque année de contrat (par exemple 53 % → 61 % → 78 % pour les 21-25 ans) — cette progression reflète l'acquisition progressive de compétences et l'augmentation de la productivité réelle de l'apprenti au fil de sa formation.

Le cas du changement de tranche d'âge en cours de contrat

Lorsqu'un apprenti change de tranche d'âge en cours de contrat (par exemple, passage de 20 à 21 ans), sa rémunération est recalculée à partir du premier jour du mois suivant son anniversaire, selon le pourcentage applicable à sa nouvelle tranche d'âge pour l'année de contrat en cours. Concrètement, un apprenti de 20 ans en 2ème année (51 %) qui fête ses 21 ans bascule sur le pourcentage de la tranche 21-25 ans pour la 2ème année (61 %) — soit une augmentation automatique de 10 points de SMIC, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire de la part de l'employeur ou de l'apprenti (l'employeur doit cependant l'appliquer correctement).

Exemple de progression complète — apprenti né en janvier, contrat de 3 ans débutant à 17 ans : Année 1 (17 → 18 ans en cours d'année) : Jan-Déc à 17 ans : 27 % du SMIC = 486,49 € → bascule à 18 ans (mois suivant l'anniversaire) : 43 % du SMIC = 774,77 € (le pourcentage "1ère année" s'applique, mais sur la grille 18-20 ans) Année 2 (18-19 ans) : 51 % du SMIC = 918,92 € Année 3 (19-20 ans) : 67 % du SMIC = 1 207,21 € Si l'apprenti atteint 21 ans en année 3 : → bascule sur la grille 21-25 ans, 3ème année = 78 % = 1 405,40 €
27 % → 100 %
Étendue de la grille selon âge/ancienneté
+10 pts
Bond moyen au passage 20→21 ans
21 622 €
Plafond annuel exo IR 2026
1 423 €
Plafond mensuel exo cotisations
Comment se calcule réellement le salaire net d'un apprenti

Brut = Net (presque toujours) : le mécanisme d'exonération expliqué en détail

La particularité la plus marquante de la rémunération des apprentis est que, pour la grande majorité d'entre eux, le salaire net est identique au salaire brut — une situation unique dans le monde du travail salarié, où l'écart brut/net atteint généralement 20 à 25 %.

Le mécanisme précis de l'exonération

L'apprenti est exonéré de la quasi-totalité des cotisations salariales (sécurité sociale, retraite, chômage, CSG/CRDS) sur la part de sa rémunération qui ne dépasse pas 79 % du SMIC, soit 1 423,42 €/mois en 2026. Pour un apprenti dont la rémunération brute est inférieure à ce seuil — ce qui couvre l'immense majorité des apprentis de moins de 26 ans dans leur grille normale — le bulletin de salaire affiche donc un montant de cotisations salariales proche de zéro, et le net est quasiment égal au brut.

Le calcul pour une rémunération dépassant le seuil

Lorsque la rémunération brute dépasse 1 423,42 €/mois (apprenti de 26 ans et plus à 100 % SMIC, ou apprenti bénéficiant d'une majoration conventionnelle importante), seule la fraction excédentaire est soumise aux cotisations salariales standard (environ 20,7 % pour un non-cadre).

Calcul du net pour un apprenti de 28 ans (100% SMIC = 1 801,80 €) : Part exonérée (≤ 1 423,42 €) : 1 423,42 € → cotisations = 0 € Part soumise (1 801,80 - 1 423,42 = 378,38 €) : Cotisations salariales (~20,7%) = 378,38 × 0,207 = 78,32 € Net = 1 801,80 - 78,32 = 1 723,48 € (et non 1 801,80 × 79,3% = 1 429,23 € comme pour un salarié classique) → L'écart brut/net pour cet apprenti est de seulement 4,3%, contre ~20,7% pour un salarié standard au même salaire brut.

Et l'impôt sur le revenu ?

La rémunération de l'apprenti est exonérée d'IR dans la limite du SMIC annuel brut (21 621,60 € en 2026). Pour la quasi-totalité des apprentis — dont la rémunération annuelle brute est largement inférieure à ce plafond même pour les contrats à 100 % SMIC sur 12 mois (21 621,60 € exactement au plafond) — la rémunération d'apprentissage n'apparaît donc pas du tout dans le revenu imposable du foyer fiscal, ce qui peut avoir un impact positif sur le calcul du quotient familial des parents si l'apprenti est rattaché à leur foyer fiscal.

Attention au rattachement fiscal : si l'apprenti majeur reste rattaché au foyer fiscal de ses parents, sa rémunération exonérée n'est pas comptée dans le revenu imposable du foyer — mais elle est prise en compte dans le calcul du revenu fiscal de référence (RFR) pour certaines prestations sociales (bourses, APL, etc.), même si elle n'est pas imposée. Vérifiez l'impact sur les aides au logement de l'apprenti lui-même s'il vit en logement autonome.
Le coût réel pour l'employeur — aides et exonérations patronales

Combien coûte réellement un apprenti à l'entreprise en 2026 ?

Du côté employeur, le contrat d'apprentissage bénéficie d'un régime d'exonérations patronales quasi-total pour les entreprises de moins de 250 salariés, complété par une aide financière directe — ce qui rend le coût réel très inférieur au salaire brut affiché.

Exonération de cotisations patronales

Pour les entreprises de moins de 11 salariés, les cotisations patronales de sécurité sociale sont quasi-intégralement exonérées sur la rémunération de l'apprenti. Pour les entreprises de 11 à 250 salariés, l'exonération est partielle mais reste substantielle. Seules certaines cotisations résiduelles (accidents du travail, formation professionnelle dans certains cas) restent dues par l'employeur.

L'aide unique aux employeurs d'apprentis

Une aide financière directe est versée aux entreprises de moins de 250 salariés pour la 1ère année de contrats préparant à un diplôme jusqu'au niveau bac+5 (selon les conditions en vigueur). Cette aide, versée mensuellement par l'État, peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois la première année — réduisant d'autant le coût net pour l'employeur, qui peut dans certains cas être proche de zéro la première année pour un apprenti à 27 % du SMIC.

Le calcul du "coût complet" pour l'entreprise

Exemple — apprenti 17 ans, 1ère année, TPE de 5 salariés : Salaire brut mensuel = 486,49 € Cotisations patronales (quasi exonérées) ≈ 10-20 € résiduel Coût brut chargé ≈ 500-510 € − Aide unique employeur (1ère année) ≈ 200 € (selon barème en vigueur) ──────────────────────────────────────────────── Coût net réel pour l'entreprise ≈ 300 €/mois → Pour un coût net d'environ 300 €/mois, l'entreprise bénéficie d'une force de travail à temps plein, formée progressivement selon ses propres méthodes.
Pourquoi cette générosité ? Le système d'aides à l'apprentissage répond à un objectif de politique de l'emploi : réduire le chômage des jeunes en levant le principal frein à l'embauche d'apprentis (le coût perçu comme disproportionné par rapport à la productivité initiale d'un jeune en formation). Ce dispositif a contribué à une forte hausse du nombre de contrats d'apprentissage signés en France depuis 2019, avec des montants d'aide ajustés périodiquement selon les arbitrages budgétaires.
Cas particuliers et erreurs fréquentes en paie d'apprentis

Rupture de contrat, heures supplémentaires, avantages en nature : ce qui complique le calcul

Rupture anticipée du contrat d'apprentissage

Un contrat d'apprentissage peut être rompu pendant les 45 premiers jours (consécutifs ou non) de formation pratique sans condition particulière. Au-delà, la rupture nécessite un accord entre les deux parties, une décision du conseil de prud'hommes en cas de manquement, ou une rupture pour force majeure. En cas de rupture, l'apprenti conserve le statut de stagiaire de la formation professionnelle et peut percevoir une rémunération résiduelle selon les dispositifs régionaux — un point souvent mal anticipé par les jeunes et leurs familles.

Heures supplémentaires des apprentis mineurs : un encadrement strict

Les apprentis mineurs (moins de 18 ans) sont soumis à des règles strictes de durée du travail : pas plus de 35 heures par semaine et 8 heures par jour en principe, avec des dérogations encadrées et limitées. Les heures supplémentaires éventuelles doivent être rémunérées en plus du pourcentage de SMIC de base, avec les majorations légales standard (+25 % / +50 %) — un point parfois omis dans les bulletins de paie de petites entreprises peu familières avec ce statut spécifique.

Avantages en nature (logement, repas) : déduction du salaire

Comme pour tout salarié, les avantages en nature fournis à un apprenti (repas, logement) peuvent être évalués forfaitairement et venir en déduction du salaire net à payer, dans les limites réglementaires. Pour un apprenti déjà proche du seuil de 79 % du SMIC, l'ajout d'avantages en nature peut faire basculer la rémunération totale au-dessus du seuil d'exonération de cotisations — un calcul qui doit intégrer la valeur de l'avantage en nature dans la base de calcul du seuil.

Le 13ème mois et les primes : intégrés ou non dans le % SMIC ?

Le pourcentage de SMIC légal s'applique au salaire de base mensuel. Les primes conventionnelles, 13ème mois, ou gratifications éventuelles s'ajoutent par-dessus ce minimum — elles ne peuvent pas être utilisées pour "compléter" un salaire de base inférieur au minimum légal. Concrètement, un employeur ne peut pas verser un salaire de base à 25 % du SMIC (en dessous du minimum légal de 27 % pour un apprenti mineur en 1ère année) en compensant par une prime de fin d'année — le minimum légal s'apprécie sur la rémunération de base mensuelle.

Vérification rapide pour l'apprenti ou les parents : pour vérifier qu'un salaire d'apprenti respecte le minimum légal, identifiez la tranche d'âge ET l'année de contrat (et non l'ancienneté dans l'entreprise au sens large — un changement d'employeur en cours de cursus ne remet généralement pas le compteur d'année à zéro si la formation se poursuit dans la continuité). Multipliez le SMIC mensuel (1 801,80 €) par le pourcentage correspondant, et comparez au salaire de base affiché sur le bulletin — hors primes et avantages en nature.