Barème Kilométrique 2026 (DGFiP) — Voiture, Moto & Vélo
Barème fiscal officiel 2026 pour le calcul des frais réels de déplacement : voitures de 3 à 7 CV et plus, deux-roues motorisés (motos et scooters), et vélo (0,25 €/km). Comparatif frais réels vs abattement forfaitaire de 10 %, et avec l'indemnité kilométrique versée par l'employeur.
🚗 Barème kilométrique voiture 2026 — par puissance fiscale (CV)
d = distance parcourue à titre professionnel en kilomètres sur l'année. La puissance fiscale (CV) figure sur la carte grise (case P.6). Source : impots.gouv.fr — barème kilométrique.
Calculateur de frais kilométriques 2026
Ce montant est à comparer avec l'abattement forfaitaire de 10 % automatiquement appliqué sur votre salaire imposable. Si ce montant est supérieur à votre abattement de 10 %, l'option "frais réels" est avantageuse — mais elle remplace intégralement l'abattement (vous ne cumulez pas les deux).
🏍️ Barème kilométrique deux-roues motorisés 2026
La puissance administrative des motos est exprimée en CV (et non en cm³) — elle figure également sur la carte grise. Les cyclomoteurs ≤ 50 cm³ utilisent un taux unique, sans dégressivité par tranche de distance.
🚲 Barème kilométrique vélo 2026
⚡ Profils types — cliquez pour simuler
⚖️ Frais réels vs abattement forfaitaire 10 % — seuil de rentabilité par distance (5 CV)
L'abattement forfaitaire de 10 % est plafonné à 14 171 € en 2026 (voir barème IR 2026). Plus le salaire est élevé, plus le kilométrage nécessaire pour rendre les frais réels avantageux augmente — mais un trajet domicile-travail long peut rapidement dépasser ce seuil même pour des salaires élevés.
Pourquoi le barème devient-il "dégressif" au-delà de 5 000 km ? La logique économique du barème
Le barème kilométrique n'est pas un simple taux fixe par kilomètre — il s'agit d'une formule à trois tranches qui modélise la structure réelle des coûts d'un véhicule : une part de coûts fixes (assurance, dépréciation, entretien périodique) répartie sur le kilométrage, et une part de coûts variables (carburant, usure) strictement proportionnelle à la distance.
La décomposition économique du barème
Pour de faibles kilométrages (≤ 5 000 km), les coûts fixes du véhicule (assurance annuelle, contrôle technique, dépréciation) représentent une part importante du coût par kilomètre — d'où un taux élevé (0,636 €/km pour 5 CV). Au-delà de 5 000 km, ces coûts fixes sont déjà "amortis" sur les premiers kilomètres : la formule devient (d × taux réduit) + constante, où la constante représente précisément la part des coûts fixes déjà comptée. Au-delà de 20 000 km, le taux redevient un taux unique simplifié, légèrement supérieur au taux variable pur, pour tenir compte de l'usure accélérée.
La continuité aux points de rupture
Les formules sont calibrées pour qu'à 5 000 km exactement, le résultat de la formule "≤ 5000 km" (d × taux1) soit très proche du résultat de la formule "5001-20000 km" ((d × taux2) + constante) — évitant un saut brutal du montant déductible pour un kilomètre de différence. De légères discontinuités existent néanmoins, ce qui peut créer des effets de seuil marginaux à surveiller pour les kilométrages proches de 5 000 ou 20 000 km.
Barème fiscal (DGFiP) vs indemnité kilométrique employeur (Urssaf) : deux barèmes, deux logiques
Une confusion fréquente concerne l'existence de deux barèmes kilométriques distincts en France : le barème fiscal (utilisé pour la déduction des frais réels à l'IR, présenté sur cette page) et le barème de l'indemnité kilométrique exonérée de cotisations sociales lorsqu'elle est versée par l'employeur.
Le barème fiscal (DGFiP) — pour le salarié, à la déclaration IR
Ce barème sert exclusivement à calculer la déduction de frais réels qu'un salarié peut faire valoir sur sa déclaration de revenus, en remplacement de l'abattement forfaitaire de 10 %. Il s'applique aux trajets domicile-travail (sous conditions de distance, généralement au-delà de 40 km nécessite une justification) et aux déplacements professionnels non remboursés par l'employeur.
L'indemnité kilométrique employeur — pour l'exonération de cotisations sociales
Lorsqu'un employeur rembourse les frais kilométriques d'un salarié utilisant son véhicule personnel pour les besoins du service, ce remboursement est exonéré de cotisations sociales et d'impôt dans la limite du barème fiscal officiel — l'Urssaf et la DGFiP utilisent en réalité le même barème de référence. Si l'employeur rembourse au-delà de ce barème, l'excédent est considéré comme un complément de salaire, soumis à cotisations et à l'IR.
Le piège du double remboursement
Un salarié dont l'employeur rembourse déjà ses frais kilométriques professionnels (déplacements clients, par exemple) ne peut pas déduire ces mêmes kilomètres en frais réels sur sa déclaration IR — ce serait une double déduction. Seuls les kilomètres non remboursés (trajets domicile-travail typiquement, ou dépassement du barème employeur) peuvent faire l'objet d'une déduction en frais réels par le salarié.
Covoiturage, trajets domicile-travail longs, véhicule de fonction : les règles spécifiques
Majoration covoiturage — transporter des collègues
Un salarié qui transporte habituellement d'autres salariés de son entreprise (covoiturage domicile-travail organisé) peut bénéficier d'une majoration de son indemnité kilométrique pour tenir compte du surcoût (usure accrue, carburant pour passagers supplémentaires). Cette majoration doit être justifiée et documentée — un simple covoiturage ponctuel et non régulier ne suffit généralement pas à justifier une majoration systématique.
Trajets domicile-travail de plus de 40 km : la justification obligatoire
Pour la fraction du trajet domicile-travail qui excède 40 km (soit 80 km aller-retour par jour), l'administration fiscale exige une justification de l'éloignement : absence de transport en commun adapté, contraintes familiales, spécificité de l'emploi, ou mutation professionnelle récente du salarié ou de son conjoint. Sans justification, seuls les 40 premiers kilomètres (aller simple) sont pris en compte dans le calcul des frais réels, même si la distance réelle est supérieure.
Le cas du déménagement en cours d'année
Si un salarié déménage en cours d'année (et donc change de distance domicile-travail), le calcul des frais réels doit être effectué séparément pour chaque période, avec la distance applicable à chaque période et le nombre de jours travaillés correspondants — un calcul global sur la distance moyenne annuelle n'est pas conforme.
Véhicule de fonction : barème non applicable
Le barème kilométrique fiscal ne s'applique qu'aux véhicules personnels du salarié. Un salarié disposant d'un véhicule de fonction (propriété ou location par l'employeur) ne peut pas utiliser ce barème pour ses trajets — l'avantage en nature lié au véhicule de fonction est calculé selon des règles distinctes (forfait annuel ou frais réels supportés par l'employeur), et fait généralement l'objet d'une réintégration dans le revenu imposable du salarié sous forme d'avantage en nature.
Plusieurs véhicules dans l'année
Si un salarié change de véhicule en cours d'année (vente puis achat d'un nouveau véhicule de puissance fiscale différente), le calcul des frais réels doit être effectué séparément pour chaque véhicule, en appliquant le barème correspondant à la puissance fiscale de chaque véhicule sur la période où il a été utilisé — pas une moyenne pondérée des puissances fiscales.