Taux Livrets Réglementés 2026 — Livret A, LDDS, LEP, PEL, CEL

Tous les taux d'épargne réglementée 2026 : Livret A et LDDS à 1,7 %, LEP à 2,7 %, PEL à 1,75 %, CEL à 1,25 %. Plafonds, fiscalité, règle des quinzaines, historique du Livret A depuis 2020 et formule officielle de revalorisation semestrielle.

💰 Livret A / LDDS : 1,7 % 🎯 LEP : 2,7 % ✓ Source Banque de France Révision suivante : 1er février 2026
📅 Taux en vigueur depuis le 1er août 2025, applicables jusqu'au 31 janvier 2026 (prochaine révision semestrielle au 1er février 2026)
Livret A
1,7 %
Plafond 22 950 €
LDDS
1,7 %
Plafond 12 000 €
LEP
2,7 %
Plafond 10 000 €
PEL (2026)
1,75 %
Plafond 61 200 €
CEL
1,25 %
Plafond 15 300 €

📋 Comparatif complet des 5 livrets réglementés 2026

Livret Taux 2026 Plafond de dépôt Fiscalité Conditions d'accès
Livret A 1,70 % 22 950 € (76 500 € assoc.) Exonéré IR + PS Aucune — 1 par personne
LDDS (Développement Durable et Solidaire) 1,70 % 12 000 € Exonéré IR + PS Majeur fiscalement domicilié en France
LEP (Épargne Populaire) 2,70 % 10 000 € Exonéré IR + PS Sous condition de RFR (revenus modestes)
PEL (ouvert depuis mars 2025) 1,75 % 61 200 € Imposable (PFU 30 %) Durée min. 4 ans, versements réguliers
CEL (Compte Épargne Logement) 1,25 % 15 300 € Imposable (PFU 30 %) Dépôt initial 300 € minimum

PS = prélèvements sociaux (17,2 %). PFU = prélèvement forfaitaire unique (flat tax, 12,8 % IR + 17,2 % PS). Le taux du PEL est figé à l'ouverture du compte pour toute sa durée — un PEL ouvert en 2024 conserve son taux d'origine même si le taux 2026 est différent.

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Calculateur d'intérêts livrets 2026

Solde maintenu pendant toute l'année pour cette estimation
an(s)
Intérêts nets estimés

Estimation simplifiée sur solde constant, sans tenir compte de la règle des quinzaines (qui s'applique réellement au Livret A, LDDS et LEP selon la date des opérations). Pour le PEL et le CEL, le PFU de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) s'applique par défaut ; l'option barème progressif reste possible si votre TMI est inférieur à 12,8 %.

👨‍👩‍👧 Plafonds d'épargne réglementée cumulables par foyer 2026 (couple, 2 enfants)

2 × Livret A
45 900 €
1 par adulte du couple (22 950 € chacun)
2 × LDDS
24 000 €
1 par adulte (12 000 € chacun)
2 × LEP (si éligibles)
20 000 €
Sous conditions de RFR — 10 000 € chacun
2 × Livret jeune (enfants 12-25)
3 200 € × 2
1 600 € par enfant éligible
Total foyer (hors PEL/CEL)
≈ 93 100 €
Cumul Livret A + LDDS + LEP du couple + 2 livrets jeunes
+ 2 × PEL
122 400 €
1 par personne — y compris enfants mineurs

Le Livret A, le LDDS et le LEP sont strictement limités à 1 par personne (vérification via le fichier FICOBA). Le PEL est également limité à 1 par personne, mais peut être ouvert au nom d'un enfant mineur dès la naissance — une stratégie courante pour anticiper un futur achat immobilier.

📈 Historique du taux du Livret A 2020–2026 — montagnes russes post-Covid

2020–2021
0,50 %
Taux plancher historique
Référence
Fév. 2022
1,00 %
Reprise inflation
+0,50 pt
Août 2022
2,00 %
Choc énergétique
+1,00 pt ⚡
Fév. 2023
3,00 %
Pic inflation, taux figé politiquement
+1,00 pt ⚡
2023–2024
3,00 %
Maintenu malgré la formule
Décision politique
Fév. 2025
2,40 %
Retour à la formule
−0,60 pt
Août 2025
1,70 %
Désinflation rapide
−0,70 pt ⚡
Le décrochage de 2024-2025 : -1,30 point en un an. Le taux du Livret A est passé de 3 % à 1,70 % entre janvier 2024 et août 2025 — une baisse de plus de 43 % en relatif. Pour un épargnant disposant de 20 000 € sur son Livret A, cela représente une perte de revenu annuel de 260 € (de 600 € à 340 €/an). Cette baisse reflète la chute rapide de l'inflation française (proche de 1 % mi-2025) après le pic de 2022-2023. Le maintien artificiel à 3 % en 2023-2024 (alors que la formule aurait donné un taux plus bas) avait été une décision politique pour soutenir le pouvoir d'achat des épargnants — un "rattrapage" inverse s'est donc opéré dès que cette protection a cessé.
Comment est calculé le taux du Livret A

La formule officielle de calcul du taux du Livret A — et pourquoi elle est parfois ignorée

Le taux du Livret A n'est pas fixé arbitrairement. Il résulte d'une formule officielle, révisée deux fois par an (1er février et 1er août), définie par le Code monétaire et financier et calculée par la Banque de France.

La formule mathématique

Taux Livret A = (Inflation moyenne 6 mois + €STR moyen 6 mois) / 2 arrondi au 1/4 de point le plus proche avec un plancher absolu de 0,5 % Où : - Inflation moyenne 6 mois = moyenne de l'IPC hors tabac sur les 6 derniers mois glissants (INSEE) - €STR moyen 6 mois = moyenne du taux interbancaire court terme de la zone euro (Euro Short-Term Rate, BCE) Exemple — calcul pour août 2025 : Inflation moyenne (fév-juil 2025) ≈ 0,9 % €STR moyen (fév-juil 2025) ≈ 2,4 % Moyenne = (0,9 + 2,4) / 2 = 1,65 % Arrondi au 1/4 de point le plus proche = 1,75 % ou 1,70 % (selon arrondi retenu) → Taux retenu : 1,70 %

Le pouvoir discrétionnaire du gouverneur de la Banque de France

La formule donne un résultat "indicatif" — mais le gouverneur de la Banque de France peut proposer au ministre de l'Économie un taux différent "en cas de circonstances exceptionnelles", et le ministre tranche en dernier ressort. C'est ce mécanisme qui a permis de maintenir le taux à 3 % en 2023-2024, alors que la formule pure aurait donné un résultat inférieur (autour de 2,5-2,7 %) — une décision présentée comme un "bouclier" pour le pouvoir d'achat des épargnants pendant la période d'inflation élevée.

Le LEP : une formule dérivée mais plus généreuse

Le taux du LEP suit une logique différente : il correspond au maximum entre le taux du Livret A et (inflation + 0,5 point), avec un plancher garanti d'au moins 0,5 point au-dessus du Livret A. C'est pourquoi le LEP affiche systématiquement un taux supérieur au Livret A — la différence représente la prime accordée aux épargnants aux revenus modestes pour compenser le fait que l'inflation pèse proportionnellement plus sur leur budget.

2×/an
Révisions du taux (1er fév. et 1er août)
0,25 pt
Précision d'arrondi de la formule
0,5 %
Plancher légal absolu du Livret A
+1,0 pt
Écart minimum LEP vs Livret A
La règle des quinzaines — le détail technique méconnu

Pourquoi votre Livret A ne rapporte jamais ce que vous attendez : la règle des quinzaines

C'est probablement le mécanisme le plus mal compris de l'épargne réglementée française. Les intérêts du Livret A, du LDDS et du LEP ne sont pas calculés jour par jour, mais selon un système de quinzaines qui pénalise systématiquement les dépôts et retraits mal placés dans le calendrier.

Le principe des quinzaines

Chaque mois est découpé en deux quinzaines : du 1er au 15, et du 16 à la fin du mois. Pour le calcul des intérêts : un dépôt effectué entre le 1er et le 15 ne porte intérêt qu'à partir du 16 du même mois. Un dépôt effectué entre le 16 et la fin du mois ne porte intérêt qu'à partir du 1er du mois suivant. À l'inverse, un retrait effectué entre le 1er et le 15 cesse de porter intérêt depuis le 1er du même mois (rétroactivement), et un retrait entre le 16 et la fin du mois cesse de porter intérêt depuis le 16 du même mois.

Exemple concret — versement de 10 000 € : Versement le 14 mars → intérêts courent à partir du 16 mars Versement le 17 mars → intérêts courent à partir du 1er avril Différence : 14 jours d'intérêts perdus selon le jour exact du dépôt Sur 10 000 € à 1,70 % : 14/365 × 1,70 % × 10 000 ≈ 6,52 € de différence Retrait — exemple : Retrait le 3 avril → cesse de porter intérêt depuis le 1er avril Retrait le 18 avril → cesse de porter intérêt depuis le 16 avril Conclusion pratique : pour optimiser, déposez juste après le 15 ou le dernier jour du mois précédent ; retirez juste après le 15 ou le 1er.

L'impact cumulé sur une vie d'épargne

Pour un épargnant qui effectue des versements et retraits fréquents sans tenir compte des quinzaines, la perte peut représenter 10 à 20 jours d'intérêts par opération mal placée. Sur un solde moyen de 15 000 € avec 4 opérations par an mal placées, la perte annuelle peut atteindre 15 à 25 € — un montant faible en valeur absolue, mais qui représente plusieurs points de pourcentage du rendement total à un taux de 1,70 %.

Règle pratique pour optimiser : pour un versement, privilégiez les 16-30/31 du mois (intérêts dès le 1er du mois suivant, soit un délai plus court que si vous versez en début de mois). Pour un retrait, privilégiez les 1er-15 du mois si vous voulez minimiser la perte d'intérêts rétroactive — paradoxalement, retirer "tôt" dans le mois limite la rétroactivité par rapport à un retrait en fin de mois.
Le LEP — le livret le plus rentable et le plus sous-utilisé

LEP 2026 : pourquoi 50 % des Français éligibles n'en ont pas un ?

Avec un taux de 2,70 % en 2026 — soit 1 point de plus que le Livret A — le Livret d'Épargne Populaire est objectivement le placement sans risque le plus rentable accessible au grand public. Pourtant, la Banque de France estime qu'environ la moitié des Français éligibles n'en possèdent pas.

Les conditions d'éligibilité 2026

L'éligibilité au LEP dépend du revenu fiscal de référence (RFR) de l'année N-2, comparé à un plafond qui dépend du nombre de parts fiscales. Pour une personne seule (1 part), le plafond de RFR est d'environ 22 600 € ; pour un couple (2 parts), environ 34 700 €. Ces plafonds sont réévalués chaque année. Concrètement, un célibataire gagnant jusqu'à environ 1 880 €/mois net est généralement éligible.

Pourquoi la sous-détention persiste

Trois raisons principales expliquent cette sous-détention : (1) méconnaissance — beaucoup de personnes éligibles ignorent l'existence du LEP ou pensent ne pas y avoir droit ; (2) vérification automatique non systématique — depuis 2023, les banques peuvent vérifier l'éligibilité directement auprès de l'administration fiscale, mais cette automatisation n'est pas encore généralisée à tous les établissements ; (3) plafond perçu comme trop bas — à 10 000 €, certains épargnants considèrent que l'effort d'ouverture n'est "pas rentable", alors que le différentiel de taux (+1 point vs Livret A) représente 100 €/an sur un plafond plein, soit un rendement non négligeable pour une épargne de précaution.

La vérification d'éligibilité automatique : depuis la loi de finances 2023, les banques sont autorisées à interroger directement l'administration fiscale pour vérifier l'éligibilité au LEP de leurs clients, sans que ceux-ci aient à fournir leur avis d'imposition. Si vous pensez être éligible (revenus modestes) et n'avez pas de LEP, demandez explicitement à votre banque de vérifier votre éligibilité — la démarche prend quelques minutes et peut représenter un gain de plusieurs dizaines d'euros par an sans aucun risque.
Rendement réel et arbitrages d'épargne 2026

Épargne réglementée vs inflation : votre argent perd-il de la valeur en 2026 ?

Un taux nominal de 1,70 % ne signifie pas un gain de pouvoir d'achat de 1,70 %. Pour évaluer la performance réelle d'un placement, il faut comparer le taux nominal à l'inflation de la même période — c'est le rendement réel.

Le calcul du rendement réel 2026

Si l'inflation 2026 est estimée autour de 1,2-1,5 % (poursuite de la désinflation de 2025), le rendement réel du Livret A (1,70 %) serait positif d'environ +0,2 à +0,5 point — une situation inhabituelle après plusieurs années de rendement réel négatif (2021-2023, où l'inflation dépassait largement le taux du Livret A, érodant le pouvoir d'achat de l'épargne de précaution). Le LEP, à 2,70 %, offre un rendement réel nettement positif (+1,2 à +1,5 point) — ce qui en fait, là encore, le placement de précaution le plus avantageux pour les profils éligibles.

Trois profils d'arbitrage

Profil A — Épargne de précaution (3 à 6 mois de charges) : Pour un fonds d'urgence de 9 000 €, la priorité est la liquidité totale et la garantie en capital, pas le rendement maximal. Répartition recommandée : LEP si éligible (10 000 € max) en priorité absolue, puis Livret A pour le complément. À 2,70 % et 1,70 % respectivement, le différentiel sur 9 000 € reste limité (environ 90 €/an), mais la disponibilité immédiate justifie ce choix par rapport à des placements plus rémunérateurs mais moins liquides.

Profil B — Épargne projet à moyen terme (achat immobilier dans 4-5 ans) : Un PEL ouvert en 2026 à 1,75 % (taux fixé à l'ouverture pour toute la durée) peut sécuriser un taux dans un contexte de baisse anticipée des taux d'épargne — mais sa fiscalité (PFU 30 %) réduit le rendement net à environ 1,2 % pour un contribuable au TMI de 30 %. À comparer avec un fonds euros d'assurance-vie, souvent plus rémunérateur net malgré une fiscalité similaire après 8 ans de détention.

Profil C — Épargne excédentaire au-delà des plafonds réglementés : Une fois les plafonds Livret A/LDDS/LEP atteints (jusqu'à 44 950 € pour une personne seule éligible au LEP), l'épargne supplémentaire doit s'orienter vers des supports fiscalisés : assurance-vie (fonds euros ou unités de compte), PEA, ou investissement immobilier locatif. Le différentiel de rendement entre l'épargne réglementée (1,70-2,70 %) et ces alternatives (souvent 2,5-4 % net pour un fonds euros performant) justifie l'arbitrage dès que les plafonds réglementés sont saturés.

La règle de hiérarchisation simple : dans l'ordre de priorité pour la majorité des épargnants — (1) LEP si éligible, jusqu'au plafond, (2) Livret A jusqu'au plafond, (3) LDDS jusqu'au plafond, (4) au-delà, arbitrage vers assurance-vie/PEA selon l'horizon et l'objectif fiscal. Le PEL et le CEL, fiscalisés et moins rémunérateurs que le Livret A pour la plupart des profils en 2026, ne sont pertinents que dans une optique de financement immobilier futur avec droits à prêt épargne-logement — pas comme simple produit d'épargne de rendement.