Taux d'Usure France 2026 — Crédit Immo, Conso & Revolving (T2 2026)

Seuils de l'usure du 2e trimestre 2026 publiés par la Banque de France : crédit immobilier par durée (de 3,81 % à 4,02 %), crédit à la consommation par tranche de montant, et revolving. Formule de calcul (TEM × 4/3), historique trimestriel 2024-2026 et lien direct avec le TAEG de votre prêt.

🏠 Immo ≥ 20 ans : 3,81 % 💳 Conso ≤ 3 000 € : 21,33 % ✓ Source Banque de France Mise à jour trimestrielle
📅 Taux applicables du 1er avril au 30 juin 2026 (T2 2026) — prochaine publication fin juin 2026 pour le T3
Immo < 10 ans
4,02 %
Taux fixe, durée courte
Immo 10-20 ans
3,85 %
Taux fixe
Immo ≥ 20 ans
3,81 %
Le plus consulté
Immo taux variable
3,71 %
Toutes durées

🏠 Taux d'usure crédit immobilier — T2 2026

Catégorie de prêt Taux effectif moyen (TEM) T1 2026 Taux d'usure (TEM × 4/3)
Prêts à taux fixe d'une durée < 10 ans 3,015 % 4,02 %
Prêts à taux fixe de 10 ans à 20 ans 2,888 % 3,85 %
Prêts à taux fixe ≥ 20 ans 2,858 % 3,81 %
Prêts à taux variable (toutes durées) 2,783 % 3,71 %
Prêts relais 2,963 % 3,95 %

Le taux d'usure est le TAEG maximal légal que peut pratiquer un établissement de crédit. Il est égal au taux effectif moyen (TEM) constaté au trimestre précédent, augmenté d'un tiers (× 4/3). Source : Banque de France — taux d'usure.

💳 Taux d'usure crédit à la consommation — T2 2026

Catégorie de prêt Taux effectif moyen (TEM) T1 2026 Taux d'usure (TEM × 4/3)
Prêts ≤ 3 000 € (dont découverts) 16,00 % 21,33 %
Prêts > 3 000 € et ≤ 6 000 € 10,64 % 14,18 %
Prêts > 6 000 € (crédit personnel, auto, etc.) 5,27 % 7,02 %

Pour les crédits renouvelables (revolving) et les autorisations de découvert, c'est la catégorie "≤ 3 000 €" qui s'applique généralement — d'où un plafond proche de 21 % qui peut sembler élevé, mais qui reflète le coût réel de gestion de petits crédits à court terme et le risque de défaut associé.

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Vérificateur de conformité TAEG vs taux d'usure 2026

%
Le TAEG figure obligatoirement sur votre offre de prêt
Résultat de la vérification

Ce vérificateur compare votre TAEG au taux d'usure de la catégorie correspondante au T2 2026. Le TAEG inclut tous les frais obligatoires : intérêts, frais de dossier, assurance emprunteur obligatoire, frais de courtage. Un crédit dont le TAEG dépasse le taux d'usure est illégal — le prêteur s'expose à des sanctions civiles et pénales.

🧮 Composition du TAEG — ce qui est inclus dans le calcul du taux d'usure

Élément Inclus dans le TAEG ? Remarque
Taux d'intérêt nominal ✓ Oui Composante de base
Frais de dossier ✓ Oui Quel que soit le mode de paiement
Assurance emprunteur obligatoire ✓ Oui Souvent le poste qui fait basculer le TAEG près du seuil
Frais de courtage ✓ Oui Si le recours au courtier est imposé par le prêteur
Frais de garantie (hypothèque, caution) ✓ Oui Pour le crédit immobilier
Frais de notaire (acte de vente) ✗ Non Frais liés à l'acquisition, pas au crédit lui-même
Assurance facultative (habitation, etc.) ✗ Non Non obligatoire pour l'octroi du prêt

📈 Historique du taux d'usure — immobilier ≥ 20 ans, 2024-2026 (trimestriel)

T1 2024
6,01 %
Pic post-crise
T2 2024
6,03 %
Sommet
T3 2024
5,86 %
−0,17 pt
T4 2024
5,59 %
−0,27 pt
T1 2025
5,10 %
−0,49 pt
T2 2025
4,65 %
−0,45 pt
T3 2025
4,20 %
−0,45 pt
T4 2025
3,95 %
−0,25 pt
T1 2026
3,85 %
−0,10 pt
T2 2026
3,81 %
−0,04 pt
De 6,03 % à 3,81 % en 8 trimestres : une baisse de plus de 2,2 points. Ce repli reflète la baisse des taux directeurs de la BCE entamée fin 2024 et poursuivie en 2025-2026, qui s'est répercutée avec un décalage d'environ 2-3 mois sur les taux moyens pratiqués par les banques (et donc sur le taux d'usure, calculé sur le trimestre précédent). Pour un emprunteur ayant signé en 2024 à un taux proche de 4,5 % (alors conforme au taux d'usure de l'époque), un rachat de crédit en 2026 à un taux proche de 3 % peut représenter une économie substantielle — sous réserve des indemnités de remboursement anticipé.
La formule du taux d'usure et son objectif

TEM × 4/3 : comment la Banque de France calcule le plafond légal du crédit

Le taux d'usure n'est pas fixé arbitrairement — il découle directement de l'observation du marché du crédit lui-même, selon une formule simple mais dont les implications sont importantes pour comprendre les phases de tension du crédit.

La formule officielle

Taux d'usure (trimestre N) = Taux Effectif Moyen (trimestre N-1) × 4/3 Où le TEM (Taux Effectif Moyen) est calculé par la Banque de France à partir d'un échantillon représentatif de crédits effectivement accordés par les établissements bancaires durant le trimestre précédent, pour chaque catégorie de prêt. Exemple — immobilier ≥ 20 ans, T2 2026 : TEM constaté au T1 2026 = 2,858 % Taux d'usure T2 2026 = 2,858 × 4/3 = 3,81 % (arrondi) Le coefficient 4/3 (soit +33,33%) constitue la "marge" légale au-dessus du taux moyen du marché.

L'objectif : protéger sans exclure

L'objectif du taux d'usure est de protéger les emprunteurs contre des taux abusifs, tout en laissant une marge suffisante aux établissements pour pratiquer une tarification différenciée selon le risque (un emprunteur présentant un profil de risque plus élevé peut légitimement se voir proposer un taux plus élevé qu'un profil très solvable, dans la limite du plafond). Le coefficient de 4/3 a été calibré pour que cette différenciation reste possible sans ouvrir la porte à des taux manifestement excessifs.

Le décalage temporel : un effet pro-cyclique

Parce que le taux d'usure d'un trimestre est calculé sur les taux constatés le trimestre précédent, il existe un décalage structurel entre l'évolution du marché et le plafond légal. En période de hausse rapide des taux (comme en 2022-2023), ce décalage peut temporairement resserrer l'accès au crédit : les banques, anticipant la hausse de leurs coûts de refinancement, souhaitent appliquer des taux supérieurs au plafond calculé sur la base des taux (plus bas) du trimestre précédent — ce qui les conduit à refuser des dossiers plutôt qu'à prêter à perte.

×4/3
Coefficient légal (TEM × 1,333)
Trimestriel
Fréquence de publication (immo)
7
Catégories de crédit immobilier suivies
3
Catégories de crédit conso (par montant)
Retour sur la crise du taux d'usure 2022-2023

La crise de l'usure 2022-2023 : quand le plafond légal a bloqué l'accès au crédit

L'épisode de 2022-2023 reste la meilleure illustration du risque structurel du mécanisme de calcul trimestriel du taux d'usure, et a conduit à une réforme temporaire de son mode de calcul.

Le contexte : une remontée des taux sans précédent depuis 2008

À partir de mi-2022, la Banque Centrale Européenne a remonté ses taux directeurs à un rythme inédit pour combattre l'inflation. Les taux de refinancement bancaire ont suivi cette hausse en quelques semaines, tandis que le taux d'usure — calculé sur les taux moyens du trimestre précédent — restait "en retard" de plusieurs mois sur cette dynamique.

Le mécanisme de blocage

Concrètement, des banques se sont retrouvées dans l'incapacité de proposer des taux couvrant leur coût de refinancement réel sans dépasser le taux d'usure en vigueur — calculé sur des taux de plusieurs mois antérieurs, donc structurellement plus bas. Plutôt que de prêter à perte, plusieurs établissements ont fortement restreint l'octroi de crédits immobiliers fin 2022 et début 2023, créant une situation paradoxale : des emprunteurs solvables se voyaient refuser des prêts non pas pour des raisons de solvabilité, mais parce que le taux nécessaire pour que la banque ne soit pas en perte dépassait le plafond légal.

La réponse : mensualisation temporaire du calcul

Face à cette situation, les autorités ont mis en place une actualisation mensuelle (au lieu de trimestrielle) du taux d'usure pour les crédits immobiliers pendant la période de tension (de février à décembre 2023). Cette mensualisation a permis au taux d'usure de "rattraper" plus rapidement la hausse des taux de marché, débloquant progressivement l'accès au crédit. Le retour à un rythme trimestriel a eu lieu une fois la situation stabilisée.

La leçon de 2022-2023 : le taux d'usure, conçu pour protéger les emprunteurs, peut devenir paradoxalement un facteur d'exclusion du crédit en période de variation rapide des taux de marché — qu'elle soit haussière (comme en 2022-2023) ou, dans une moindre mesure, baissière. La mensualisation temporaire a démontré qu'un ajustement plus fréquent du mode de calcul peut atténuer cet effet, au prix d'une complexité accrue pour les établissements prêteurs qui doivent recalculer leurs grilles tarifaires plus fréquemment.
Que faire si votre offre de prêt dépasse le taux d'usure

TAEG supérieur au taux d'usure : vos droits et options concrètes

Un crédit dont le TAEG dépasse le taux d'usure applicable est constitutif du délit d'usure (art. L314-6 du Code de la consommation et art. L313-3 du Code monétaire et financier) — une infraction pénale pour le prêteur, indépendamment de la question de la validité du contrat.

Les recours possibles pour l'emprunteur

Si vous constatez que le TAEG de votre offre dépasse le taux d'usure de la catégorie correspondante, plusieurs options s'ouvrent : signaler la situation à l'établissement prêteur (souvent une erreur de classification de catégorie de prêt, corrigible avant signature) ; saisir le médiateur bancaire de l'établissement, gratuit et obligatoire avant toute action judiciaire ; en dernier recours, saisir les tribunaux — la sanction civile peut inclure la déchéance du droit aux intérêts pour le prêteur (l'emprunteur ne rembourse alors que le capital).

Le cas fréquent : l'assurance emprunteur qui fait basculer le TAEG

Le cas le plus fréquent de dépassement involontaire concerne l'assurance emprunteur : un taux nominal parfaitement conforme peut, une fois l'assurance obligatoire intégrée dans le TAEG, dépasser le taux d'usure — notamment pour les profils jugés "à risque" (âge élevé, problèmes de santé déclarés) pour lesquels les primes d'assurance sont plus élevées. Dans ce cas, la solution réside souvent dans la délégation d'assurance : substituer l'assurance groupe de la banque par un contrat individuel moins coûteux, ce qui réduit le TAEG global sans toucher au taux nominal du crédit.

Le cas du regroupement de crédits

Pour une opération de regroupement de crédits (rachat de plusieurs crédits en un seul), la catégorie de taux d'usure applicable dépend de la nature prédominante des crédits regroupés et du montant total : un regroupement incluant une part immobilière significative (généralement plus de 60 % du montant total) relève des catégories "immobilier", avec des plafonds plus élevés que les catégories "consommation" — ce qui peut faciliter le rachat de petits crédits à la consommation à taux très élevé (proches de 21 %) en les "diluant" dans une opération globale soumise à un plafond immobilier plus bas mais aussi à un taux nominal généralement plus bas.

Vérification pratique avant signature : votre offre de prêt doit indiquer explicitement le TAEG. Comparez-le au taux d'usure de la catégorie correspondante (durée pour l'immobilier, montant pour la consommation) publié par la Banque de France pour le trimestre de l'offre. Un écart de quelques centièmes de point au-dessus du seuil justifie une vérification immédiate avec votre conseiller — il peut s'agir d'une erreur de catégorisation (durée mal renseignée, par exemple) plutôt que d'une réelle infraction.