Barème Indemnité de Licenciement & Rupture Conventionnelle 2026 — ¼ et ⅓
Formules légales 2026 : ¼ de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, ⅓ au-delà. Simulations pour 5, 10, 15, 20 et 25 ans à différents niveaux de salaire, doublement en cas d'inaptitude, plafonds d'exonération fiscale (6 PASS = 282 600 €).
📋 Indemnité légale de licenciement 2026 — simulations par ancienneté et salaire
Calculs basés sur le salaire de référence mensuel constant (sans primes variables). Pour une ancienneté non entière, les mois incomplets sont calculés proportionnellement. Source : art. R1234-2 du Code du travail.
Calculateur d'indemnité de licenciement 2026
Estimation de l'indemnité légale minimale. Vérifiez toujours votre convention collective : de nombreuses branches prévoient des montants plus favorables (coefficient conventionnel). En cas de faute grave ou lourde, l'indemnité légale de licenciement n'est généralement pas due (seule l'indemnité compensatrice de congés payés reste due).
📐 Comment déterminer le salaire de référence — deux méthodes possibles
💠 Plafonds d'exonération fiscale et sociale 2026 — basés sur le PASS
L'exonération IR de 282 600 € s'applique au montant le plus élevé entre : l'indemnité légale/conventionnelle, 2 × la rémunération brute annuelle N-1, ou 50 % du total de l'indemnité — dans cette limite de 6 PASS. Voir le détail PASS et exonérations →
📊 Indemnité légale vs conventionnelle — exemples par branche (15 ans, 3 000 €/mois)
Pourquoi ¼ et ⅓ ? L'histoire et la logique de la formule légale
La formule actuelle (¼ de mois par année pour les 10 premières années, ⅓ au-delà) résulte du décret n° 2017-1398 du 25 septembre 2017, pris dans le cadre des ordonnances Macron. Avant cette réforme, le barème légal était nettement inférieur : ⅕ de mois par année (au lieu de ¼), avec un complément de ⅔ de mois (au lieu de ⅓) seulement à partir de la 11ème année.
Une revalorisation de +25 % en 2017
Le passage de ⅕ à ¼ représente une augmentation de 25 % de l'indemnité légale minimale pour les 10 premières années. Pour un salarié à 3 000 €/mois avec 8 ans d'ancienneté, l'indemnité légale est passée de 4 800 € (⅕ × 8 × 3 000) à 6 000 € (¼ × 8 × 3 000) — soit +1 200 € directement liés à cette réforme.
Pourquoi un seuil à 10 ans ?
Le seuil de 10 ans correspond historiquement à la notion de "carrière longue" dans l'entreprise — il marque le passage d'une indemnisation de transition (les 10 premières années) à une indemnisation de reconnaissance de l'investissement long terme (au-delà de 10 ans). Le coefficient ⅓ représente donc un effort supplémentaire de l'employeur pour les salariés ayant construit une part significative de leur carrière dans l'entreprise.
Rupture conventionnelle ou licenciement : impact sur le montant et la stratégie de négociation
Depuis 2023, le régime d'indemnisation est identique entre rupture conventionnelle et licenciement (même plancher légal, mêmes plafonds d'exonération). Mais la dynamique de négociation et les conséquences pratiques restent très différentes.
Le plancher est identique, le plafond dépend de la négociation
Dans les deux cas, l'indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité légale (ou conventionnelle si plus favorable). La différence majeure est que la rupture conventionnelle est négociée — rien n'empêche de négocier un montant supérieur au minimum légal, alors qu'un licenciement "classique" se limite généralement au montant légal/conventionnel, sauf contentieux ultérieur (indemnités prud'homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse).
L'accès à l'allocation chômage : la vraie différence
Avec un licenciement, l'accès à l'allocation chômage (ARE) est automatique dès l'ouverture des droits. Avec une rupture conventionnelle, l'accès à l'ARE est également garanti — contrairement à une démission classique qui n'ouvre pas droit au chômage (hors cas de démission légitime). C'est ce qui rend la rupture conventionnelle si recherchée : elle combine une indemnité négociée et l'accès au chômage, ce qu'une démission ne permet pas.
Stratégie de négociation : sur quoi porter l'effort ?
Dans une négociation de rupture conventionnelle, trois leviers sont mobilisables : (1) le montant de l'indemnité au-delà du minimum légal — souvent négocié entre 1 et 3 mois de salaire supplémentaires selon le rapport de force ; (2) la date de fin de contrat, qui peut être différée pour permettre une recherche d'emploi pendant le préavis rémunéré ; (3) des avantages annexes (maintien de la mutuelle, formation, outplacement, conservation du matériel professionnel).
Trois profils de départ chiffrés de bout en bout — 2026
Profil A — Technicien, 7 ans d'ancienneté, 2 400 €/mois, licenciement économique
Indemnité légale = 2 400 × 0,25 × 7 = 4 200 €. Convention collective métallurgie : coefficient légèrement supérieur (≈ 0,28/an), soit ≈ 4 704 €. Montant entièrement exonéré d'IR et de cotisations sociales (très inférieur aux plafonds 6 et 2 PASS). Seule la CSG/CRDS s'applique sur la fraction au-delà du légal strict (504 €), soit environ 49 € de CSG/CRDS (9,7 %). Net perçu ≈ 4 655 €.
Profil B — Cadre, 14 ans d'ancienneté, 5 500 €/mois, rupture conventionnelle négociée
Indemnité légale = 5 500 × (0,25×10 + (1/3)×4) = 5 500 × (2,5 + 1,333) = 5 500 × 3,833 = 21 083 €. Négociation : +2 mois de salaire supplémentaires = +11 000 €. Total négocié = 32 083 €. Vérification plafonds : très inférieur à 94 200 € (2 PASS, exo cotisations) et 282 600 € (6 PASS, exo IR). Seule la fraction supra-légale (11 000 €) est soumise à CSG/CRDS (9,7 %) = 1 067 €. Net perçu ≈ 31 016 €, entièrement exonéré d'IR.
Profil C — Cadre dirigeant, 22 ans d'ancienneté, 12 000 €/mois, départ négocié à 18 mois
Indemnité légale = 12 000 × (0,25×10 + (1/3)×12) = 12 000 × (2,5 + 4) = 12 000 × 6,5 = 78 000 €. Négociation : indemnité totale portée à 18 mois de salaire = 216 000 €. Vérification : 216 000 € < 282 600 € (exo IR OK) mais > 94 200 € (2 PASS, plafond exo cotisations). La fraction au-delà de 94 200 € (soit 121 800 €) est soumise aux cotisations sociales classiques (~23 % salarial ≈ 28 014 €) en plus de la CSG/CRDS sur la fraction supra-légale. Net perçu ≈ 216 000 − 28 014 − CSG/CRDS sur fraction supra-légale (≈ 13 360 €) ≈ 174 626 € — un écart de plus de 41 000 € entre le brut négocié et le net perçu, entièrement dû au franchissement du plafond de 2 PASS.
Inaptitude, faute grave, CDD, temps partiel : les situations qui changent tout
Inaptitude professionnelle vs non professionnelle : un écart du simple au double
En cas d'inaptitude reconnue d'origine professionnelle (suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle), l'indemnité légale de licenciement est doublée par rapport au montant standard (art. L1226-14 du Code du travail). Pour une inaptitude non professionnelle (maladie ordinaire), c'est l'indemnité légale standard (¼/⅓) qui s'applique, sans doublement. La distinction entre les deux dépend de la reconnaissance médicale du caractère professionnel de l'inaptitude par la Sécurité sociale — une démarche qui peut nécessiter une contestation si l'employeur ou la CPAM la refuse initialement.
Faute grave et faute lourde : la perte de l'indemnité légale
En cas de licenciement pour faute grave (manquement sérieux aux obligations contractuelles) ou faute lourde (intention de nuire à l'employeur), l'indemnité légale de licenciement n'est pas due. Seule l'indemnité compensatrice de congés payés non pris reste due dans tous les cas — c'est un droit qui ne peut jamais être supprimé, quelle que soit la cause de la rupture.
CDD : pas d'indemnité de licenciement, mais une prime de précarité
Le régime de l'indemnité de licenciement ne concerne que les CDI. Pour un CDD arrivant à son terme normal, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat (prime de précarité) égale à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant le contrat (ou 6 % si un accord de branche le prévoit en contrepartie d'un accès renforcé à la formation). Cette indemnité est d'une nature juridique totalement différente et ne suit pas le barème ¼/⅓.
Temps partiel : un calcul proportionnel, pas un montant réduit forfaitairement
Pour un salarié à temps partiel, le salaire de référence est calculé sur la base du salaire réellement perçu (proratisé selon le temps de travail), et non sur un équivalent temps plein reconstitué. Pour un salarié ayant alterné temps plein et temps partiel au cours de sa carrière dans l'entreprise, le calcul de l'ancienneté reste basé sur la durée calendaire totale, mais le salaire de référence reflète la situation des 12 ou 3 derniers mois précédant la rupture — ce qui peut désavantager un salarié récemment passé à temps partiel (par exemple après un congé parental).
Licenciement économique/personnel (hors faute) → Indemnité légale ¼/⅓ + CP
Inaptitude professionnelle → Indemnité ¼/⅓ × 2 + CP + indemnité spéciale
Inaptitude non professionnelle → Indemnité ¼/⅓ standard + CP
Faute grave/lourde → CP uniquement (pas d'indemnité de licenciement)
Rupture conventionnelle → Indemnité ≥ légale (négociable) + CP
Fin de CDD normal → Prime de précarité 10 % (ou 6 %) + CP, pas de barème ¼/⅓