Barème Indemnité de Licenciement & Rupture Conventionnelle 2026 — ¼ et ⅓

Formules légales 2026 : ¼ de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, ⅓ au-delà. Simulations pour 5, 10, 15, 20 et 25 ans à différents niveaux de salaire, doublement en cas d'inaptitude, plafonds d'exonération fiscale (6 PASS = 282 600 €).

⚖️ ¼ mois/an (≤ 10 ans) ⚖️ ⅓ mois/an (> 10 ans) ✓ Source Légifrance — art. R1234-2 Exo IR : 6 PASS = 282 600 €
📅 Mis à jour au 1er janvier 2026 — Indemnité légale minimale (décret n° 2017-1398), plafonds indexés sur le PASS 2026
💡 La formule légale de l'indemnité de licenciement 2026
¼ mois × ancienneté
Pour chacune des 10 premières années (du salaire de référence)
+
⅓ mois × ancienneté
Pour chaque année au-delà de la 10ème

📋 Indemnité légale de licenciement 2026 — simulations par ancienneté et salaire

Ancienneté Coefficient (mois) 1 SMIC (1 801,80 €) 3 000 €/mois 5 000 €/mois
5 ans 1,25 mois 2 252,25 € 3 750,00 € 6 250,00 €
10 ans 2,50 mois 4 504,50 € 7 500,00 € 12 500,00 €
15 ans 4,167 mois 7 507,50 € 12 500,00 € 20 833,33 €
20 ans 5,833 mois 10 510,50 € 17 500,00 € 29 166,67 €
25 ans 7,500 mois 13 513,50 € 22 500,00 € 37 500,00 €
En cas d'inaptitude (×2 obligatoire) — art. L1226-14
15 ans (inaptitude) 4,167 mois × 2 15 015,00 € 25 000,00 € 41 666,67 €
25 ans (inaptitude) 7,500 mois × 2 27 027,00 € 45 000,00 € 75 000,00 €

Calculs basés sur le salaire de référence mensuel constant (sans primes variables). Pour une ancienneté non entière, les mois incomplets sont calculés proportionnellement. Source : art. R1234-2 du Code du travail.

⚖️

Calculateur d'indemnité de licenciement 2026

€ brut/mois
Le plus favorable entre moyenne des 12 ou des 3 derniers mois (primes proratisées)
ans
mois
×
Indemnité de licenciement estimée

Estimation de l'indemnité légale minimale. Vérifiez toujours votre convention collective : de nombreuses branches prévoient des montants plus favorables (coefficient conventionnel). En cas de faute grave ou lourde, l'indemnité légale de licenciement n'est généralement pas due (seule l'indemnité compensatrice de congés payés reste due).

📐 Comment déterminer le salaire de référence — deux méthodes possibles

Méthode Calcul Avantage Quand l'utiliser
Moyenne des 12 derniers mois Total brut 12 mois ÷ 12 Lisse les variations ponctuelles Si rémunération variable (primes annuelles, commissions)
Moyenne des 3 derniers mois Total brut 3 mois ÷ 3 (primes annuelles proratisées) Capte une augmentation récente Si augmentation de salaire récente ou primes exceptionnelles sur l'année
La règle du "plus favorable" : l'employeur doit retenir le montant le plus avantageux pour le salarié entre ces deux méthodes (art. R1234-4 du Code du travail). Si une prime annuelle de 3 000 € a été versée dans l'année, elle doit être proratisée sur 3 mois dans la méthode "3 derniers mois" — soit 1/4 de son montant (750 €) ajouté à la moyenne mensuelle. Vérifiez systématiquement les deux calculs avant de signer.

💠 Plafonds d'exonération fiscale et sociale 2026 — basés sur le PASS

Type de prélèvement Plafond d'exonération 2026 Référence PASS Au-delà du plafond
Impôt sur le revenu (IR) 282 600 € 6 × PASS (47 100 €) Fraction excédentaire imposable au barème
Cotisations sociales (hors CSG/CRDS) 94 200 € 2 × PASS Cotisations dues sur la fraction excédentaire
CSG/CRDS Indemnité légale/conv. minimale uniquement Toute fraction supra-légale est soumise à CSG/CRDS (9,7 %)
Forfait social (employeur) 94 200 € 2 × PASS 20 % à la charge employeur au-delà selon les cas

L'exonération IR de 282 600 € s'applique au montant le plus élevé entre : l'indemnité légale/conventionnelle, 2 × la rémunération brute annuelle N-1, ou 50 % du total de l'indemnité — dans cette limite de 6 PASS. Voir le détail PASS et exonérations →

📊 Indemnité légale vs conventionnelle — exemples par branche (15 ans, 3 000 €/mois)

Référence Coefficient mensuel Montant (15 ans, 3 000 €) Écart vs légal
Indemnité légale (Code du travail) 4,167 mois 12 500 € Référence
Convention Syntec (ingénieurs/cadres) ≈ 5,5–6 mois (selon ancienneté) ≈ 16 500–18 000 € +32 % à +44 %
Convention Métallurgie (cadres) ≈ 5–6 mois ≈ 15 000–18 000 € +20 % à +44 %
Convention Commerce de détail ≈ 4,167–4,5 mois ≈ 12 500–13 500 € 0 % à +8 %
Vérifiez toujours votre convention collective avant toute négociation. Les écarts entre l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle peuvent représenter plusieurs milliers d'euros — l'employeur est tenu d'appliquer le montant le plus favorable au salarié, mais ne le proposera pas spontanément. Les coefficients conventionnels exacts varient selon l'ancienneté, la catégorie professionnelle (cadre/non-cadre) et la date d'embauche (certaines anciennes grilles ont des coefficients dégressifs après un certain seuil d'ancienneté).
Origine et logique de la formule légale

Pourquoi ¼ et ⅓ ? L'histoire et la logique de la formule légale

La formule actuelle (¼ de mois par année pour les 10 premières années, ⅓ au-delà) résulte du décret n° 2017-1398 du 25 septembre 2017, pris dans le cadre des ordonnances Macron. Avant cette réforme, le barème légal était nettement inférieur : ⅕ de mois par année (au lieu de ¼), avec un complément de ⅔ de mois (au lieu de ⅓) seulement à partir de la 11ème année.

Une revalorisation de +25 % en 2017

Le passage de ⅕ à ¼ représente une augmentation de 25 % de l'indemnité légale minimale pour les 10 premières années. Pour un salarié à 3 000 €/mois avec 8 ans d'ancienneté, l'indemnité légale est passée de 4 800 € (⅕ × 8 × 3 000) à 6 000 € (¼ × 8 × 3 000) — soit +1 200 € directement liés à cette réforme.

Pourquoi un seuil à 10 ans ?

Le seuil de 10 ans correspond historiquement à la notion de "carrière longue" dans l'entreprise — il marque le passage d'une indemnisation de transition (les 10 premières années) à une indemnisation de reconnaissance de l'investissement long terme (au-delà de 10 ans). Le coefficient ⅓ représente donc un effort supplémentaire de l'employeur pour les salariés ayant construit une part significative de leur carrière dans l'entreprise.

Formule complète — indemnité légale 2026 : Si ancienneté ≤ 10 ans : Indemnité = Salaire_référence × (1/4) × ancienneté_en_années Si ancienneté > 10 ans : Indemnité = Salaire_référence × (1/4) × 10 + Salaire_référence × (1/3) × (ancienneté − 10) Pour une année incomplète : Indemnité_partielle = Indemnité_année_complète × (mois_travaillés / 12) Exemple — 12 ans et 6 mois, salaire 3 200 €/mois : Partie ≤ 10 ans : 3 200 × 0,25 × 10 = 8 000 € Partie > 10 ans : 3 200 × (1/3) × 2,5 = 2 666,67 € Total = 10 666,67 €
+25 %
Hausse de l'indemnité légale en 2017 (réforme Macron)
10 ans
Seuil de passage au coefficient ⅓
8 mois
Ancienneté minimale requise pour l'indemnité légale
282 600 €
Plafond exo IR 2026 (6 PASS)
Condition d'ancienneté minimale : l'indemnité légale de licenciement n'est due qu'à partir de 8 mois d'ancienneté continue dans l'entreprise (depuis l'ordonnance de 2017, contre 1 an auparavant). En dessous de 8 mois, aucune indemnité légale n'est due (sauf disposition conventionnelle plus favorable).
Rupture conventionnelle vs licenciement — quelles différences réelles

Rupture conventionnelle ou licenciement : impact sur le montant et la stratégie de négociation

Depuis 2023, le régime d'indemnisation est identique entre rupture conventionnelle et licenciement (même plancher légal, mêmes plafonds d'exonération). Mais la dynamique de négociation et les conséquences pratiques restent très différentes.

Le plancher est identique, le plafond dépend de la négociation

Dans les deux cas, l'indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité légale (ou conventionnelle si plus favorable). La différence majeure est que la rupture conventionnelle est négociée — rien n'empêche de négocier un montant supérieur au minimum légal, alors qu'un licenciement "classique" se limite généralement au montant légal/conventionnel, sauf contentieux ultérieur (indemnités prud'homales pour licenciement sans cause réelle et sérieuse).

L'accès à l'allocation chômage : la vraie différence

Avec un licenciement, l'accès à l'allocation chômage (ARE) est automatique dès l'ouverture des droits. Avec une rupture conventionnelle, l'accès à l'ARE est également garanti — contrairement à une démission classique qui n'ouvre pas droit au chômage (hors cas de démission légitime). C'est ce qui rend la rupture conventionnelle si recherchée : elle combine une indemnité négociée et l'accès au chômage, ce qu'une démission ne permet pas.

Stratégie de négociation : sur quoi porter l'effort ?

Dans une négociation de rupture conventionnelle, trois leviers sont mobilisables : (1) le montant de l'indemnité au-delà du minimum légal — souvent négocié entre 1 et 3 mois de salaire supplémentaires selon le rapport de force ; (2) la date de fin de contrat, qui peut être différée pour permettre une recherche d'emploi pendant le préavis rémunéré ; (3) des avantages annexes (maintien de la mutuelle, formation, outplacement, conservation du matériel professionnel).

Le calcul du "juste montant" supra-légal : une règle empirique courante en négociation RH consiste à proposer entre 1 et 2 mois de salaire brut supplémentaires par tranche de 5 ans d'ancienneté au-delà du minimum légal, dans la limite du plafond d'exonération sociale (2 PASS = 94 200 €). Au-delà de ce plafond, chaque euro supplémentaire coûte significativement plus cher à l'employeur (cotisations sociales dues), ce qui constitue souvent un point de blocage naturel dans les négociations de départs de cadres dirigeants.
Trois scénarios complets — du calcul brut à l'impact net

Trois profils de départ chiffrés de bout en bout — 2026

Profil A — Technicien, 7 ans d'ancienneté, 2 400 €/mois, licenciement économique

Indemnité légale = 2 400 × 0,25 × 7 = 4 200 €. Convention collective métallurgie : coefficient légèrement supérieur (≈ 0,28/an), soit ≈ 4 704 €. Montant entièrement exonéré d'IR et de cotisations sociales (très inférieur aux plafonds 6 et 2 PASS). Seule la CSG/CRDS s'applique sur la fraction au-delà du légal strict (504 €), soit environ 49 € de CSG/CRDS (9,7 %). Net perçu ≈ 4 655 €.

Profil B — Cadre, 14 ans d'ancienneté, 5 500 €/mois, rupture conventionnelle négociée

Indemnité légale = 5 500 × (0,25×10 + (1/3)×4) = 5 500 × (2,5 + 1,333) = 5 500 × 3,833 = 21 083 €. Négociation : +2 mois de salaire supplémentaires = +11 000 €. Total négocié = 32 083 €. Vérification plafonds : très inférieur à 94 200 € (2 PASS, exo cotisations) et 282 600 € (6 PASS, exo IR). Seule la fraction supra-légale (11 000 €) est soumise à CSG/CRDS (9,7 %) = 1 067 €. Net perçu ≈ 31 016 €, entièrement exonéré d'IR.

Profil C — Cadre dirigeant, 22 ans d'ancienneté, 12 000 €/mois, départ négocié à 18 mois

Indemnité légale = 12 000 × (0,25×10 + (1/3)×12) = 12 000 × (2,5 + 4) = 12 000 × 6,5 = 78 000 €. Négociation : indemnité totale portée à 18 mois de salaire = 216 000 €. Vérification : 216 000 € < 282 600 € (exo IR OK) mais > 94 200 € (2 PASS, plafond exo cotisations). La fraction au-delà de 94 200 € (soit 121 800 €) est soumise aux cotisations sociales classiques (~23 % salarial ≈ 28 014 €) en plus de la CSG/CRDS sur la fraction supra-légale. Net perçu ≈ 216 000 − 28 014 − CSG/CRDS sur fraction supra-légale (≈ 13 360 €) ≈ 174 626 € — un écart de plus de 41 000 € entre le brut négocié et le net perçu, entièrement dû au franchissement du plafond de 2 PASS.

L'effet de seuil à 2 PASS (94 200 €) est sous-estimé dans les négociations. Beaucoup de cadres négocient leur indemnité "en mois de salaire" sans vérifier l'impact du franchissement du plafond de 2 PASS sur les cotisations sociales. Pour le Profil C, négocier 15,7 mois au lieu de 18 mois (soit exactement 94 200 €) aurait évité 28 014 € de cotisations sociales — un gain net pour le salarié de plusieurs milliers d'euros à montant brut quasi équivalent perçu côté employeur après charges. C'est un point de négociation technique souvent ignoré faute de simulation précise.
Cas particuliers à connaître absolument

Inaptitude, faute grave, CDD, temps partiel : les situations qui changent tout

Inaptitude professionnelle vs non professionnelle : un écart du simple au double

En cas d'inaptitude reconnue d'origine professionnelle (suite à un accident du travail ou une maladie professionnelle), l'indemnité légale de licenciement est doublée par rapport au montant standard (art. L1226-14 du Code du travail). Pour une inaptitude non professionnelle (maladie ordinaire), c'est l'indemnité légale standard (¼/⅓) qui s'applique, sans doublement. La distinction entre les deux dépend de la reconnaissance médicale du caractère professionnel de l'inaptitude par la Sécurité sociale — une démarche qui peut nécessiter une contestation si l'employeur ou la CPAM la refuse initialement.

Faute grave et faute lourde : la perte de l'indemnité légale

En cas de licenciement pour faute grave (manquement sérieux aux obligations contractuelles) ou faute lourde (intention de nuire à l'employeur), l'indemnité légale de licenciement n'est pas due. Seule l'indemnité compensatrice de congés payés non pris reste due dans tous les cas — c'est un droit qui ne peut jamais être supprimé, quelle que soit la cause de la rupture.

CDD : pas d'indemnité de licenciement, mais une prime de précarité

Le régime de l'indemnité de licenciement ne concerne que les CDI. Pour un CDD arrivant à son terme normal, le salarié perçoit une indemnité de fin de contrat (prime de précarité) égale à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant le contrat (ou 6 % si un accord de branche le prévoit en contrepartie d'un accès renforcé à la formation). Cette indemnité est d'une nature juridique totalement différente et ne suit pas le barème ¼/⅓.

Temps partiel : un calcul proportionnel, pas un montant réduit forfaitairement

Pour un salarié à temps partiel, le salaire de référence est calculé sur la base du salaire réellement perçu (proratisé selon le temps de travail), et non sur un équivalent temps plein reconstitué. Pour un salarié ayant alterné temps plein et temps partiel au cours de sa carrière dans l'entreprise, le calcul de l'ancienneté reste basé sur la durée calendaire totale, mais le salaire de référence reflète la situation des 12 ou 3 derniers mois précédant la rupture — ce qui peut désavantager un salarié récemment passé à temps partiel (par exemple après un congé parental).

Récapitulatif des montants dus selon la cause de rupture :
Licenciement économique/personnel (hors faute) → Indemnité légale ¼/⅓ + CP
Inaptitude professionnelle → Indemnité ¼/⅓ × 2 + CP + indemnité spéciale
Inaptitude non professionnelle → Indemnité ¼/⅓ standard + CP
Faute grave/lourde → CP uniquement (pas d'indemnité de licenciement)
Rupture conventionnelle → Indemnité ≥ légale (négociable) + CP
Fin de CDD normal → Prime de précarité 10 % (ou 6 %) + CP, pas de barème ¼/⅓