Taux de TVA en France 2026 — 20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %

Les 4 taux de TVA applicables en France métropolitaine en 2026, avec la liste des produits et services concernés par chaque taux, les coefficients de conversion TTC/HT, les seuils de franchise en base (36 800 € / 91 900 €) et les taux spécifiques aux DOM-TOM.

🧾 Taux normal : 20 % 🍽️ Taux intermédiaire : 10 % ✓ Source impots.gouv.fr — art. 278 à 281 CGI Franchise : 36 800 € / 91 900 €
📅 Mis à jour au 1er janvier 2026 — Seuils de franchise en base réévalués, taux inchangés depuis 2014
Taux normal
20 %
Tous biens et services non listés ailleurs
Taux intermédiaire
10 %
Restauration, transport, travaux, hôtellerie
Taux réduit
5,5 %
Alimentation, livres, énergie, rénovation thermique
Taux super-réduit
2,1 %
Médicaments remboursables, presse
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Convertisseur TTC ↔ HT 2026

Montant calculé

Le montant de TVA est arrondi au centime le plus proche pour chaque ligne de facture, conformément aux règles de facturation (arrondi par ligne, pas sur le total global, sauf option contraire).

📐 Coefficients de conversion TTC → HT par taux

20 %
HT = TTC × 0,8333
TTC = HT × 1,20
10 %
HT = TTC × 0,9091
TTC = HT × 1,10
5,5 %
HT = TTC × 0,9479
TTC = HT × 1,055
2,1 %
HT = TTC × 0,9794
TTC = HT × 1,021

Coefficient HT = 1 / (1 + taux). Coefficient TTC = (1 + taux). Pour passer du TTC au montant de TVA directement : TVA = TTC × taux / (1 + taux) — soit 16,67 % du TTC pour le taux à 20 %.

20 % Taux normal — tous biens et services par défaut

Catégorie Exemples de produits / services
Électronique & électroménager Smartphones, ordinateurs, téléviseurs, électroménager, jeux vidéo
Habillement & mode Vêtements, chaussures, accessoires, bijouterie, montres
Alcool & tabac Vins, spiritueux, bières (hors taux spécifiques), tabac et produits dérivés
Automobile Véhicules neufs et d'occasion (régime général), pièces détachées, carburants
Cosmétiques & parfumerie Produits de beauté, parfums, soins (hors produits d'hygiène spécifiques à 5,5 %)
Services professionnels Conseil, comptabilité, juridique, marketing, services informatiques
Mobilier & décoration Meubles, articles de décoration, luminaires
Loisirs & culture (hors exceptions) Jeux, jouets, articles de sport, billetterie générale (hors spectacle vivant)
Confiserie & produits assimilés Confiseries, chocolats fourrés, margarines, certaines boissons sucrées

10 % Taux intermédiaire — restauration, transport, travaux, hôtellerie

Catégorie Détail et conditions
Restauration sur place Vente de plats et boissons non alcoolisées pour consommation immédiate (hors alcool, taxé à 20 %)
Vente à emporter et livraison Plats préparés à emporter ou livrés (hors produits destinés à être conservés, à 5,5 %)
Hébergement touristique Hôtels, campings classés, locations meublées touristiques, gîtes
Transport de voyageurs Train, bus, taxi, VTC, transport aérien intérieur, péages autoroutiers (transport)
Travaux de rénovation (logements > 2 ans) Travaux d'amélioration, transformation, aménagement n'entrant pas dans le champ des travaux énergétiques à 5,5 %
Médicaments non remboursables Médicaments à usage humain non pris en charge par l'Assurance Maladie
Droits d'entrée — loisirs culturels Musées, monuments, zoos, parcs d'attractions, foires et salons
Bois de chauffage & déchets ménagers Bois de chauffage, granulés/pellets, collecte et traitement des déchets ménagers
Cidre, poiré, hydromel Boissons fermentées spécifiques (régime dérogatoire)

5,5 % Taux réduit — alimentation, livres, énergie, rénovation thermique

Catégorie Détail et conditions
Produits alimentaires Quasi-totalité de l'alimentation humaine (hors confiserie, chocolat fourré, certaines boissons sucrées, alcool — à 20 %)
Livres (papier et numérique) Tous supports — livres physiques, e-books, livres audio
Énergie domestique Abonnements gaz et électricité (puissance ≤ 36 kVA), chauffage urbain issu d'énergie renouvelable
Rénovation énergétique (logements > 2 ans) Isolation thermique, chaudières à haute performance, matériaux et travaux d'amélioration énergétique
Équipements pour personnes handicapées Fauteuils roulants, prothèses, appareillages spécifiques, véhicules adaptés (sous conditions)
Produits d'hygiène féminine Protections périodiques (depuis 2016, ex-"taxe tampon")
Cantines scolaires et universitaires Prestations de restauration dans les établissements d'enseignement
Spectacle vivant & cinéma Concerts, théâtre, cirque, projections cinématographiques
Abonnements eau et assainissement Distribution d'eau potable et services d'assainissement

2,1 % Taux super-réduit — domaine très restreint

Catégorie Détail et conditions
Médicaments remboursables Médicaments à usage humain pris en charge par l'Assurance Maladie (liste positive)
Presse écrite Journaux et publications de presse répondant aux critères légaux (information politique et générale notamment)
Spectacles — 140 premières représentations Certaines œuvres dramatiques, lyriques, chorégraphiques ou de cirque nouvellement créées
Animaux vivants de boucherie Ventes à des personnes non assujetties à la TVA (particuliers)
Le taux le plus restreint de l'Union européenne : la France est l'un des seuls pays de l'UE à appliquer un taux aussi bas (2,1 %) — ce taux "super-réduit" est un héritage historique, gelé par les règles européennes qui interdisent généralement la création de nouveaux taux inférieurs à 5 %. Son champ d'application n'a quasiment pas évolué depuis les années 1980.

📋 Seuils de franchise en base de TVA 2026

Type d'activité Seuil de base 2026 Seuil de tolérance Conséquence du dépassement
Ventes de marchandises, restauration, hébergement 91 900 € 101 000 € env. Assujettissement à la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement (si tolérance franchie)
Prestations de services & professions libérales (BNC) 36 800 € 39 100 € env. Idem — assujettissement immédiat si seuil de tolérance dépassé
Le mécanisme à deux seuils : en dessous du seuil de base, vous restez en franchise. Entre le seuil de base et le seuil de tolérance, vous restez en franchise pour l'année en cours, mais basculez automatiquement au régime réel l'année suivante si le seuil de base est dépassé deux années consécutives. Au-delà du seuil de tolérance, l'assujettissement est immédiat — dès le premier jour du mois de dépassement, avec obligation de facturer la TVA sur toutes les opérations réalisées depuis cette date, y compris rétroactivement sur les factures déjà émises.

🌴 Taux de TVA dans les DOM-TOM 2026

Territoire Taux normal Taux réduit Taux particulier
Guadeloupe, Martinique, Réunion 8,5 % 2,1 % 1,75 % / 1,05 % (taux spécifiques presse, spectacles)
Guyane, Mayotte Pas de TVA Territoires hors champ d'application de la TVA française
Corse (régime spécifique) 20 % (général) 0,90 % / 2,10 % / 10 % / 13 % Taux dérogatoires sur certains produits pétroliers, presse, et autres

Les DOM (hors Guyane et Mayotte) bénéficient de taux de TVA réduits par rapport à la métropole pour tenir compte du coût de la vie et de l'éloignement. La Guyane et Mayotte ne sont pas dans le champ d'application de la TVA — les opérateurs y appliquent des taxes locales différentes (octroi de mer notamment).

La logique derrière l'attribution des taux

Pourquoi tel produit est à 5,5 % et tel autre à 20 % ? La logique (et les incohérences) du système

L'attribution des taux de TVA répond en théorie à une logique de "biens de première nécessité" vs "biens de confort ou de luxe" — mais dans la pratique, le système accumule des exceptions historiques, des lobbying sectoriels et des ajustements ponctuels qui créent des frontières parfois absurdes entre produits très similaires.

Le cas emblématique : chocolat noir vs chocolat fourré

Le chocolat noir, au lait ou blanc est taxé à 5,5 % (produit alimentaire de base). Mais le chocolat fourré (praliné, ganache, etc.) et les confiseries au chocolat sont taxés à 20 % — classés comme "produits de confiserie" et non "produits alimentaires de base". Cette distinction, héritée d'arbitrages anciens, illustre la difficulté de tracer une frontière nette entre "alimentation" et "gourmandise".

Le cas du "sur place" vs "à emporter"

Un sandwich consommé sur place dans un fast-food est taxé à 10 % (restauration). Le même sandwich acheté "à emporter" pour être consommé immédiatement reste à 10 %. Mais s'il est vendu sous forme de produit emballé destiné à être conservé (sandwich industriel en grande surface, par exemple), il bascule à 5,5 % comme "produit alimentaire". La frontière entre "restauration" et "vente alimentaire" dépend du conditionnement et de l'intention de consommation immédiate — une source fréquente de contentieux fiscal pour les enseignes de restauration rapide.

Le débat récurrent sur la "TVA comportementale"

Certains économistes et responsables politiques proposent régulièrement d'utiliser la TVA comme outil de santé publique — taxer davantage les produits ultra-transformés ou sucrés (actuellement souvent à 5,5 % s'ils sont classés "alimentaires") et alléger la taxation des produits jugés plus sains. Ce débat se heurte à la complexité de définir juridiquement ces catégories sans créer de nouvelles incohérences, et au cadre européen qui limite le nombre de taux réduits autorisés.

4
Taux de TVA en vigueur en France métropolitaine
2014
Dernière modification des taux (10 % et 20 %)
~7,6 %
Part de la TVA dans les recettes fiscales de l'État
2,1 %
Taux le plus bas, parmi les plus bas de l'UE
Calcul TTC/HT — les erreurs les plus fréquentes

TTC ↔ HT : les trois erreurs de calcul les plus fréquentes (et comment les éviter)

Le passage du HT au TTC (et inversement) semble trivial, mais génère des erreurs récurrentes — notamment chez les indépendants débutants et dans la gestion de devis multi-taux.

Erreur n°1 : soustraire le pourcentage au lieu de diviser

Pour passer de 120 € TTC (taux 20 %) au montant HT, l'erreur classique consiste à calculer 120 − 20 % = 120 − 24 = 96 €. C'est faux. Le calcul correct est 120 / 1,20 = 100 €. La différence (96 € vs 100 €) peut sembler faible, mais sur un grand nombre de factures, l'écart cumulé devient significatif — et surtout, le montant de TVA déclaré serait incorrect (24 € au lieu de 20 €).

Méthode correcte : HT = TTC / (1 + taux) TVA = TTC − HT = TTC × taux / (1 + taux) TTC = HT × (1 + taux) Exemple — 120 € TTC à 20% : HT = 120 / 1,20 = 100,00 € TVA = 120 − 100 = 20,00 € Vérification : 100 × 1,20 = 120 ✓ Erreur fréquente (incorrecte) : TVA = 120 × 20% = 24 € ✗ (faux car 20% du TTC, pas du HT) HT = 120 − 24 = 96 € ✗

Erreur n°2 : appliquer un taux unique sur une facture multi-taux

Une facture de restaurant comportant un plat (10 %) et une bouteille de vin (20 %) ne peut pas être convertie globalement avec un taux moyen. Chaque ligne doit être calculée séparément avec son propre taux, puis les montants de TVA additionnés. Appliquer un taux "moyen pondéré" sur le total TTC produit un résultat différent (et incorrect au sens fiscal) de la somme des TVA calculées ligne par ligne.

Erreur n°3 : confondre arrondi par ligne et arrondi sur le total

Les règles de facturation imposent en principe un arrondi de la TVA par ligne de facture (ou par taux applicable), et non un arrondi global sur le montant total de TVA de la facture. Sur des factures à montants élevés et multiples lignes, la différence entre les deux méthodes peut représenter plusieurs centimes — négligeable individuellement, mais qui peut créer des écarts de réconciliation comptable cumulés sur un grand volume de transactions (e-commerce notamment).

Astuce de vérification rapide : pour vérifier qu'un calcul HT→TTC→TVA est cohérent, additionnez toujours HT + TVA et vérifiez que le résultat est strictement égal au TTC affiché. Si ce n'est pas le cas au centime, l'arrondi a été appliqué au mauvais niveau (sur le taux plutôt que sur le montant, ou sur le total plutôt que par ligne).
Franchise en base — stratégie et arbitrages pour les indépendants

Franchise en base de TVA : rester en dessous du seuil, ou opter pour la TVA volontairement ?

La franchise en base de TVA dispense le professionnel de facturer et de reverser la TVA — mais elle ne le dispense pas de payer la TVA sur ses propres achats professionnels (qu'il ne peut pas récupérer). Ce choix a des implications stratégiques différentes selon le profil d'activité.

Quand la franchise est avantageuse : la clientèle de particuliers

Pour un professionnel dont la clientèle est majoritairement composée de particuliers (qui ne récupèrent jamais la TVA), la franchise en base est presque toujours avantageuse : ne pas facturer de TVA revient à proposer un prix TTC inférieur de facto pour le client final, ce qui constitue un avantage commercial direct — un même service facturé 100 € HT par un assujetti coûtera 120 € TTC au client, contre 100 € TTC pour un professionnel en franchise.

Quand opter pour la TVA est préférable : la clientèle B2B et les investissements lourds

Pour un professionnel dont la clientèle est composée d'entreprises assujetties (qui récupèrent intégralement la TVA), facturer la TVA n'a aucun impact sur le prix réel payé par le client — la TVA facturée est neutre pour lui. En revanche, être assujetti permet de récupérer la TVA payée sur les achats professionnels (matériel, fournitures, sous-traitance). Pour une activité nécessitant des investissements importants en début d'exercice (matériel informatique, véhicule professionnel, travaux d'aménagement), l'option pour la TVA peut générer un crédit de TVA récupérable significatif dès la première déclaration.

Le dépassement en cours d'année : anticiper plutôt que subir

Un dépassement du seuil de tolérance en cours d'année déclenche un assujettissement immédiat et rétroactif au premier jour du mois de dépassement. Concrètement, cela signifie que des factures déjà émises sans TVA doivent être rectifiées — soit en émettant des factures complémentaires de TVA aux clients (rarement accepté, surtout pour des particuliers), soit en absorbant la TVA sur la marge (le professionnel paie la TVA "de sa poche" sur le chiffre d'affaires déjà facturé). Pour éviter cette situation, il est recommandé de suivre son chiffre d'affaires cumulé mensuellement dès que l'on approche à 80 % du seuil de base, et d'anticiper une éventuelle option volontaire pour la TVA avant le dépassement effectif — ce qui permet de facturer la TVA dès le mois suivant la décision, sans effet rétroactif.

L'option pour la TVA est révocable, mais engageante sur 2 ans minimum. Un professionnel en franchise peut opter volontairement pour le paiement de la TVA (même sous le seuil), ce qui peut être pertinent en cas d'investissement initial important. Cette option est valable pour l'année en cours et l'année suivante au minimum — un retour à la franchise n'est possible qu'après cette période d'engagement, et seulement si le chiffre d'affaires reste sous les seuils.
TVA intracommunautaire et cas particuliers

Ventes à l'étranger, autoliquidation, TVA sur marge : les régimes spéciaux à connaître

Autoliquidation de la TVA intracommunautaire (B2B UE)

Pour les prestations de services entre professionnels assujettis situés dans deux pays différents de l'Union européenne, la règle générale est l'autoliquidation : le prestataire facture hors taxe (mention "Autoliquidation — TVA due par le preneur" ou "Reverse charge"), et c'est le client qui déclare et paie la TVA dans son propre pays, au taux local, tout en la récupérant simultanément si son activité y donne droit. Cette mécanique évite que le prestataire doive s'immatriculer à la TVA dans chaque pays client.

TVA sur marge — biens d'occasion et antiquités

Pour les négociants en biens d'occasion, œuvres d'art, objets de collection et antiquités achetés auprès de particuliers (donc sans TVA récupérable à l'achat), un régime spécial de TVA sur la marge s'applique : la TVA n'est calculée que sur la différence entre le prix de vente et le prix d'achat, et non sur le prix de vente total. Ce régime évite une double imposition économique sur des biens qui ont déjà supporté la TVA lors de leur première mise sur le marché.

Vente à distance intra-UE — le guichet OSS

Depuis 2021, les ventes à distance de biens à des particuliers situés dans d'autres pays de l'UE sont soumises à la TVA du pays de destination dès le premier euro (suppression des anciens seuils par pays), sauf pour les micro-entreprises dont le chiffre d'affaires total intra-UE de ce type ne dépasse pas 10 000 €/an (seuil global, tous pays UE confondus). Le guichet unique OSS (One-Stop-Shop) permet de déclarer et payer la TVA de tous les pays UE concernés via une seule déclaration trimestrielle déposée dans le pays d'origine, évitant des immatriculations multiples.

Exportations hors UE : exonération avec récupération possible

Les exportations de biens vers des pays hors UE sont exonérées de TVA française (taux 0 % avec droit à récupération) — contrairement à une simple franchise, l'exportateur peut récupérer la TVA payée sur ses achats liés à cette activité d'exportation. La preuve de l'exportation effective (document douanier) est indispensable pour justifier cette exonération en cas de contrôle.

Le piège du "taux de TVA du pays du vendeur" sur internet : de nombreux indépendants pensent à tort que vendre en ligne à un client d'un autre pays UE implique d'appliquer leur propre taux de TVA national. Pour les ventes B2C de biens, c'est désormais quasi-systématiquement le taux du pays de destination qui s'applique (régime OSS). Pour les services B2C, la règle de taxation au lieu de consommation s'applique également dans de nombreux cas (services électroniques, télécommunications). Vérifier le régime applicable avant de fixer ses prix évite des recalculs rétroactifs coûteux.